la mère de Mamadou Diallo raconte les dernières heures de son fils

la mère de Mamadou Diallo raconte les dernières heures de son fils

Une profonde tristesse s’est abattue sur le quartier de Dar es Salam. Dans la nuit de jeudi à vendredi, Mamadou Diallo, un élève en classe de terminale âgé de 20 ans, a été retrouvé pendu aux environs de 8 heures du matin dans un bâtiment en construction appartenant à sa famille.

Selon les témoignages recueillis auprès des proches, le jeune homme aurait quitté la maison familiale au cours de la nuit.

Sa mère, Diariou Sow, encore bouleversée, a livré avec émotion le récit des derniers instants passés avec son fils.

« Nous nous sommes quittés vers minuit. Il m’a dit qu’il avait sommeil, mais qu’il n’allait pas se coucher tout de suite. Après la prière Nafila, il lisait le Coran. Quand je suis retournée me coucher, il a plié son tapis. Je lui ai demandé de rester. Il m’a répondu qu’il allait rester un moment au salon. Je ne sais pas exactement à quelle heure il est sorti », confie-t-elle, la voix tremblante.

Au réveil, elle constate que la porte est ouverte. « J’ai compris qu’il était sorti. J’ai cherché partout dans la cour, mais je ne l’ai pas vu. J’ai refermé la porte en pensant qu’il avait dormi ailleurs, comme cela lui arrivait parfois. »

À 5 heures du matin, heure du sougouli, son absence ne l’inquiète pas encore. « Je me suis demandé s’il était parti quelque part. Après avoir mangé, je suis retournée me coucher », raconte-t-elle.

C’est un peu plus tard, vers 8 heures, que le drame se révèle. En se rendant dans le bâtiment inachevé pour s’occuper de sa poule pondeuse, elle fait la découverte insoutenable. « En me retournant, j’ai vu son corps suspendu à une corde attachée aux chevrons. Je me suis effondrée », dit-elle, submergée par l’émotion.

Alertées, les autorités compétentes se sont rapidement rendues sur les lieux. Un membre de la famille explique qu’une procédure judiciaire a été engagée. La gendarmerie et la police judiciaire territorialement compétentes ont procédé aux constatations d’usage avant le transfert du corps. Un médecin légiste a ensuite été saisi afin d’examiner le corps, et le procureur informé des faits.

À ce stade, le corps se trouve entre les mains des services médico-légaux, en attendant les conclusions officielles et l’autorisation nécessaire pour sa restitution à la famille.

Les proches affirment que le jeune homme ne montrait aucun signe apparent de détresse. « Hier encore, il était avec son père. Rien ne laissait présager un tel geste », souligne un membre de la famille.

Dans l’attente des résultats médicaux, la famille vit dans l’angoisse et espère pouvoir organiser les obsèques dans les plus brefs délais. Pour les parents, tout porte à croire à un suicide, en l’absence d’éléments indiquant une intervention extérieure. Ils disent désormais attendre la décision de la justice afin de pouvoir faire leur deuil et offrir à leur fils une sépulture digne.