Après près de quatre ans derrière les barreaux, Ibrahima Kourouma enfin acquitté : son avocat réclame sa libération immédiate
Après presque quatre années passées à la Maison centrale de Conakry, l’ancien ministre de l’Enseignement pré-universitaire, Ibrahima Kourouma, a été déclaré non coupable des faits d’enrichissement illicite. La décision a été rendue ce mardi 17 février 2026 par la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), mettant ainsi fin à une longue bataille judiciaire.
À la sortie de l’audience, son avocat, Soufiane Kouyaté, n’a pas caché son émotion. Le visage marqué par le soulagement, il a exprimé sa joie et celle de toute l’équipe de défense, rappelant qu’ils ont toujours affirmé, avec conviction, l’innocence de leur client.
Selon lui, cette décision ne constitue pas une surprise. Il souligne que le juge Francis Koba s’était déjà prononcé en faveur de son client par le passé, notamment en ordonnant sa remise en liberté après l’expiration de son mandat de dépôt — une décision confirmée par la cour d’appel. Pour l’avocat, voir un magistrat expérimenté dans les dossiers d’enrichissement illicite rendre un tel verdict ne peut qu’inspirer confiance.
Cependant, malgré l’acquittement, la libération effective dépend encore d’un ordre de mise en liberté. Une exigence que l’avocat juge non prévue par la législation guinéenne, mais qui reste nécessaire pour que l’administration pénitentiaire puisse procéder à la sortie officielle de son client.
« En principe, il est libre et devrait rentrer chez lui aujourd’hui », a-t-il insisté. Il a également tenu à rappeler le poids humain de ces quatre années de détention, soulignant que cette épreuve n’a pas touché uniquement son client, mais aussi sa famille et ses proches.
L’avocat estime par ailleurs que, dans un État de droit, son client pourrait prétendre à une indemnisation pour détention injustifiée. Toutefois, il préfère attendre d’échanger avec lui avant d’annoncer toute démarche en ce sens.
Concernant une éventuelle décision du parquet spécial de faire appel, il se montre réservé. D’après lui, le ministère public aurait indiqué ne pas contester le fond du dossier, évoquant uniquement une formalité procédurale liée à un autre recours. Il dit donc être surpris si un appel devait être introduit.
Dans l’immédiat, la priorité reste d’obtenir l’ordre de mise en liberté afin que l’ancien ministre puisse effectivement quitter la prison et retrouver les siens après ces longues années d’attente.
journaldeguinee