Football africain : la suppression du CHAN provoque la colère et l’inquiétude de la presse sportive guinéenne
Après seize années d’existence, le Championnat d’Afrique des Nations (CHAN), compétition emblématique réservée aux joueurs évoluant dans les championnats locaux africains, a été retiré du calendrier officiel du football continental. La Confédération africaine de football a décidé de le remplacer par une nouvelle formule baptisée « Ligue des Nations africaines ».
L’annonce, faite à la mi-janvier à la veille de la finale de la CAN 2025, a rapidement suscité une vive réaction dans le monde du football africain. En Guinée, la décision est accueillie avec indignation par de nombreux journalistes sportifs, qui y voient un sérieux coup dur porté à la valorisation des talents locaux.
Pour plusieurs observateurs, le CHAN représentait bien plus qu’un simple tournoi. C’était une vitrine unique pour des joueurs souvent invisibles sur la scène internationale, faute d’évoluer dans des clubs européens. La compétition offrait une chance rare de se révéler, de décrocher des opportunités professionnelles et de faire rayonner les championnats nationaux.
Des voix s’élèvent également pour rappeler que le CHAN jouait un rôle structurant pour le football africain. Il permettait d’évaluer les infrastructures sportives, de tester l’organisation des pays hôtes et de préparer le terrain pour de grandes compétitions continentales. Sa disparition est perçue comme la fin d’une histoire et la perte d’une identité propre au football local.
En Guinée, plusieurs carrières ont été propulsées grâce à cette compétition, devenue au fil des ans un véritable tremplin pour les joueurs et une source de fierté pour les supporters. Aujourd’hui, beaucoup craignent que cette suppression ne marginalise davantage les championnats nationaux au profit d’un football de plus en plus tourné vers l’extérieur.
La fin du CHAN ouvre ainsi un débat profond sur l’avenir du football africain : comment moderniser les compétitions tout en protégeant les acquis qui ont permis l’émergence et la reconnaissance des talents locaux à travers le continent ?
journaldeguinee