Bénin : les électeurs appelés aux urnes pour renouveler l’Assemblée nationale
Un mois après une tentative de coup d’État avortée visant le président Patrice Talon, le Bénin vit une nouvelle étape politique majeure. Ce dimanche 11 janvier, près de neuf millions de citoyens sont attendus dans les bureaux de vote pour des élections législatives et municipales, dans un climat particulièrement sensible à l’approche de la présidentielle prévue en avril, à laquelle le chef de l’État sortant ne participera pas.
Le scrutin législatif, organisé en un seul tour, doit permettre de renouveler les 109 sièges de l’Assemblée nationale. La coalition présidentielle, composée de trois partis, espère renforcer sa large majorité actuelle. Elle détient pour l’instant 81 sièges, contre 28 pour le principal parti d’opposition, Les Démocrates.
Pour cette formation d’opposition, ces élections représentent un enjeu capital. Elles constituent en effet la seule véritable opportunité électorale encore accessible, après le rejet de ses candidatures aux municipales ainsi que celle de son candidat à la présidentielle d’avril, faute de parrainages suffisants.
Les Démocrates doivent également relever un autre défi de taille : atteindre le seuil de 20 % des suffrages dans chacun des 24 circonscriptions électorales du pays, condition indispensable pour obtenir une représentation parlementaire. Une tâche rendue encore plus complexe par les divisions internes qui ont fragilisé le parti ces derniers mois.
Les précédentes élections législatives avaient été marquées par une faible participation, avec seulement 27 % de votants en 2019 et 37 % en 2023, soulevant des interrogations sur l’engagement citoyen.
L’année s’annonce donc politiquement intense pour les Béninois, avec en point d’orgue l’élection présidentielle d’avril. Le ministre de l’Économie et des Finances, Romuald Wadagni, présenté comme le dauphin du président Talon, apparaît déjà comme le grand favori.
Si les dix années de pouvoir de Patrice Talon sont souvent saluées pour les performances économiques du pays et une croissance soutenue, ses détracteurs dénoncent de leur côté un recul de l’espace politique et des atteintes aux libertés publiques.
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