« Sur 6 000 Guinéens en difficulté en Allemagne, 120 sont rentrés en quatre ans »

« Sur 6 000 Guinéens en difficulté en Allemagne, 120 sont rentrés en quatre ans »

Lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi au ministère des Affaires étrangères et des Guinéens établis à l’étranger, le chef de la diplomatie guinéenne s’est exprimé sur la situation des ressortissants guinéens vivant hors du pays, notamment ceux en situation irrégulière en Allemagne. Face aux inquiétudes grandissantes, il a défendu une ligne qu’il qualifie de « cohérente et fondée sur la dignité ».

D’emblée, le ministre a avancé des chiffres précis pour illustrer l’ampleur du phénomène. Selon lui, environ 6 000 Guinéens se trouvent actuellement en difficulté sur le territoire allemand. Parmi eux, 120 sont retournés en Guinée au cours des quatre dernières années. Pour le ministre, ces données montrent clairement qu’il n’est pas question d’organiser des retours massifs ou précipités.

Très ferme sur la question des expulsions forcées, il a insisté sur le respect de la dignité humaine. Hors de question, selon lui, que des compatriotes soient contraints de rentrer « comme des colis ». Aucune compensation financière ne saurait remplacer la dignité d’un citoyen guinéen, a-t-il martelé.

Il a également souligné que la pression migratoire ne concerne pas uniquement l’Allemagne, mais l’ensemble de l’Union européenne, confrontée à ses propres contraintes internes et à l’opinion publique. Toutefois, la Guinée entend assumer sa responsabilité envers ses ressortissants, tout en exigeant le respect de leurs droits.

Le ministre a révélé avoir rejeté des propositions de vols groupés destinés à rapatrier des Guinéens depuis plusieurs pays européens. Pour lui, les citoyens ne sont pas des marchandises que l’on regroupe pour les expédier.

La position du gouvernement reste, selon ses propos, très claire : seuls les Guinéens ayant épuisé toutes les voies de recours dans le pays d’accueil — demande d’asile rejetée, appels refusés et obligation définitive de quitter le territoire — pourront être admis au retour. Il a rappelé l’existence de juridictions supranationales, notamment la Cour européenne des droits de l’homme, estimant que tant que toutes les procédures ne sont pas achevées, les droits ne sont pas pleinement exercés.

Concernant les Guinéens placés en centres de rétention administrative, il s’est dit préoccupé par certaines conditions de détention jugées difficiles. La Guinée, affirme-t-il, ne peut accepter que ses ressortissants soient traités sans respect.

Cependant, il précise que lorsque toutes les voies de recours sont épuisées et qu’une décision définitive d’expulsion est prononcée, le pays n’entravera pas leur retour. Si des infractions ont été commises à l’étranger, les personnes concernées devront répondre de leurs actes devant la justice guinéenne.

En conclusion, le ministre a appelé à un dialogue équilibré avec les partenaires européens. La coopération est nécessaire, mais elle doit impérativement s’appuyer sur le respect absolu des droits et de la dignité des citoyens guinéens. La Guinée, assure-t-il, assumera ses responsabilités, tout en refusant toute expulsion collective ou traitement contraire à la dignité humaine.