Au Kenya, les échecs s’invitent dans les programmes de réhabilitation en prison
Dans plusieurs prisons kényanes, les échecs sont utilisés comme activité récréative et outil de réhabilitation. Des responsables pénitentiaires et le programme Gift of Chess mettent en avant leurs...
Au Kenya, les échecs prennent progressivement une place dans la vie carcérale. De plus en plus de détenus pratiquent ce jeu à la fois pour se divertir et dans le cadre de programmes de réhabilitation mis en œuvre dans certains établissements.
Ces initiatives fonctionnent depuis plusieurs années dans des prisons kényanes. Elles bénéficient du soutien d’organisations non gouvernementales, du gouvernement kényan et de la fédération internationale des échecs. Le programme Gift of Chess, une organisation à but non lucratif qui distribue des jeux d’échecs, participe également à cette démarche.
Un outil pour réfléchir avant d’agir
À la prison de Maranjau, Brian Gatonye, âgé de 28 ans, dit avoir constaté une évolution dans sa manière de réagir. Il a déjà purgé environ 18 mois d’une peine de trois ans pour agression et doit être libéré en novembre de l’année suivante, d’après les informations disponibles.
Pour lui, la pratique des échecs impose de prendre le temps d’évaluer chaque mouvement et ses conséquences. « Les échecs m’ont beaucoup appris. Ils m’ont appris à être sage, à rester calme et à choisir mes décisions avec discernement », explique-t-il. Il ajoute qu’avant d’agir, il essaie désormais de réfléchir aux conséquences de son acte.
Cette expérience illustre l’objectif recherché par les responsables de Maranjau. Humphrey Young, surintendant de la prison, explique qu’une partie des détenus de l’établissement purge des peines pour des faits considérés comme mineurs, notamment des agressions ou des conflits avec des membres de leur famille.
Selon lui, les échecs peuvent aider ces personnes à mieux contrôler leur colère et à apprendre à vivre de manière plus pacifique avec les autres. C’est dans cette perspective que le jeu a été introduit comme outil de réhabilitation des détenus.
Patience et gestion de la colère
Phyllis Ngigi, directrice du programme Gift of Chess, affirme que des recherches ont mis en évidence plusieurs bénéfices associés à la pratique des échecs dans le parcours de réhabilitation. Elle cite notamment le développement de la patience, l’amélioration de la prise de décision et la réduction de la colère.
La responsable estime également que le jeu permet d’occuper les détenus et de les aider à envisager une nouvelle chance. Elle considère que cette activité pourrait contribuer à réduire le risque que certains d’entre eux commettent d’autres infractions après leur sortie de prison.
Les effets évoqués par les responsables pénitentiaires et par Gift of Chess sont présentés comme des résultats de l’expérience menée dans les établissements concernés. Le nombre exact de prisons et de détenus participant à ces programmes n’a toutefois pas été précisé.
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