Les économies africaines devraient continuer à progresser malgré les tensions énergétiques liées à la guerre en Iran et un environnement international incertain. Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une croissance de 4,5 % cette année, puis de 5 % en 2027, a indiqué Zeine Zeidane, responsable du département Afrique de l’institution, lors d’une réunion du FMI et de la Banque mondiale à Bangkok.
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Cette perspective reste toutefois exposée à plusieurs facteurs de risque. Selon Zeine Zeidane, l’aide au développement destinée au continent a fortement diminué l’année dernière et pourrait encore reculer de 12 % cette année. Cette évolution réduit la marge de manœuvre des États africains pour absorber un nouveau choc, notamment dans le secteur de l’énergie.
Une vulnérabilité accrue face aux chocs extérieurs
Le responsable du FMI a cité plusieurs menaces susceptibles d’alourdir les pressions sur les économies de la région : une nouvelle perturbation des approvisionnements énergétiques, une hausse marquée de l’aversion mondiale au risque et un épisode El Niño important.
Les conflits persistants et l’insécurité continuent également de peser sur l’activité économique et de menacer la sécurité alimentaire dans certaines régions. Malgré ces contraintes, plusieurs pays ont engagé des réformes destinées à renforcer leur résilience.
Pour Zeine Zeidane, les risques restent principalement orientés à la baisse, même si les économies africaines disposent encore de capacités d’adaptation et de progression. Certains pays profitent par ailleurs de la hausse des prix de minerais critiques utilisés dans des technologies avancées, notamment l’intelligence artificielle. Le FMI les appelle à gérer prudemment ces recettes et à investir dans l’intelligence artificielle afin d’améliorer leur compétitivité.
La Guinée mise sur la transformation de ses ressources
La question de la valorisation des ressources naturelles a occupé une place importante dans les échanges. Mariama Cire Sylla, ministre de l’Économie, des Finances et du Budget de la République de Guinée, a présenté le projet ferroviaire reliant les mines de Simandou à la côte comme un élément d’un programme de transformation économique à long terme.
La ministre a insisté sur la nécessité d’utiliser le secteur minier pour développer d’autres activités et diversifier l’économie. Elle a également souligné les contraintes liées à la rareté des ressources financières, ainsi que l’importance de créer des pôles d’investissement et de croissance.
La Guinée dispose d’importantes ressources minérales, mais la moitié de sa population vit dans la pauvreté. Le gouvernement compte sur le projet de minerai de fer de Simandou pour stimuler l’économie. Aucun calendrier, montant de financement ou état d’avancement précis du projet ferroviaire n’a été détaillé dans les éléments présentés à Bangkok.
Vers davantage de transformation locale
Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, les autorités cherchent à accroître la part de valeur conservée localement. Des gouvernements révisent leurs codes miniers, limitent les exportations de matières premières non transformées et renforcent la participation de l’État.
Le Burkina Faso, présenté comme un important exportateur d’or, a ouvert sa première raffinerie. La Guinée et le Ghana ont récemment restreint les exportations d’or. Le Mali a annoncé la construction d’une raffinerie avec le groupe russe Yadran Group, tandis que la Côte d’Ivoire a annoncé l’ouverture d’une raffinerie l’année prochaine.
Aboubakar Nacanabo, ministre des Finances du Burkina Faso, estime que les pays africains doivent tirer davantage de bénéfices de leurs ressources stratégiques, notamment l’or, le cobalt et le cuivre. Il considère la création de chaînes de valeur comme une étape nécessaire pour générer des opportunités en faveur de la jeunesse.
Le FMI estime enfin que l’adoption, l’adaptation et le déploiement à grande échelle de l’intelligence artificielle pourraient accroître la croissance économique de plus de 4 % sur dix ans. Les effets potentiels concernent notamment l’agriculture, l’éducation, la santé et les services publics.
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