Faim mondiale et gaspillage alimentaire : les chiffres qui alertent
Quelque 645 millions de personnes ont souffert de la faim en 2025. Dans le même temps, plus d’un milliard de tonnes de nourriture ont été jetées en 2022, les ménages représentant 60 % du gaspillage...
La faim mondiale a reculé pour la troisième année consécutive, mais elle demeure nettement supérieure à son niveau d’avant la pandémie de Covid-19. Les données présentées à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, observée chaque 16 octobre, mettent également en évidence l’ampleur des pertes et du gaspillage alimentaires à travers le monde.
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Cette journée des Nations unies marque la création de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), fondée en 1945. Son thème, « Innover aujourd’hui, nourrir demain », appelle à des systèmes alimentaires capables de nourrir davantage de personnes tout en réduisant les pertes.
645 millions de personnes confrontées à la faim
D’après le rapport annuel des Nations unies sur l’état de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde, environ 645 millions de personnes, soit 7,8 % de la population mondiale, ont été confrontées à la faim en 2025.
Cette proportion est inférieure aux 8,1 % enregistrés en 2024 et au pic de 8,6 % atteint en 2022. Elle reste toutefois supérieure à celle de 2019 : le nombre de personnes concernées est encore d’environ 61 millions plus élevé qu’avant la pandémie.
L’Afrique demeure la région comptant le plus grand nombre de personnes sous-alimentées. Les Nations unies en estimaient le nombre à 309 millions en 2025, soit environ une personne sur cinq sur le continent. L’Asie comptait pour sa part 292 millions de personnes sous-alimentées, représentant 6 % de sa population. En Amérique latine et dans les Caraïbes, 32 millions de personnes étaient concernées, soit 4,8 % de la population.
Des niveaux de faim encore alarmants
L’Indice mondial de la faim 2026 a classé huit pays dans la catégorie « alarmante », correspondant à un score d’au moins 35. Parmi les 122 pays évalués, la Somalie affichait le score le plus préoccupant, devant la République démocratique du Congo, le Tchad et Madagascar.
Le Soudan, le Soudan du Sud, le Burundi et le Yémen figuraient également dans cette catégorie. L’indice n’a toutefois pas pu calculer leur score en raison des conflits et de l’insuffisance des données disponibles.
Les pertes commencent avant l’arrivée en magasin
La nourriture peut être perdue ou gaspillée à toutes les étapes, de la production agricole à la consommation. La FAO estime qu’environ 13 % des aliments produits dans le monde sont perdus après la récolte, mais avant leur arrivée dans les magasins. Le stockage, le transport et la transformation figurent parmi les étapes concernées.
Ces pertes représentent une valeur supérieure à 400 milliards de dollars par an. Les fruits et les légumes sont les produits qui subissent les pertes les plus importantes avant d’atteindre les points de vente.
Les ménages, premiers responsables du gaspillage des consommateurs
En 2022, environ 1,05 milliard de tonnes de nourriture disponibles pour les consommateurs ont été jetées, soit près d’un cinquième des aliments concernés. Cette quantité équivaut à environ 52,5 millions de camions de 20 tonnes.
Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement, les ménages sont à l’origine de 60 % de ce gaspillage. Les restaurants et autres services alimentaires en représentent 28 %, tandis que les commerces comptent pour 12 %.
En moyenne, chaque personne gaspille environ 132 kilogrammes de nourriture par an, dont près de 79 kilogrammes à domicile. Les pays plus chauds tendent à afficher des niveaux plus élevés de gaspillage domestique. L’utilisation plus importante de produits frais et un accès moindre à la réfrigération sont avancés comme des explications possibles, sans qu’un lien de causalité définitif soit établi.
Les estimations des Nations unies placent les Maldives en tête du gaspillage alimentaire par habitant, avec environ 260 kilogrammes par an. La Syrie, la République dominicaine, les Seychelles, le Mexique et la Tunisie dépassent chacun 210 kilogrammes. À l’inverse, l’Espagne figure parmi les pays affichant les niveaux les plus faibles cités, avec environ 39 kilogrammes ou moins par personne et par an.
Un coût économique et environnemental majeur
Les pertes et le gaspillage alimentaires coûtent plus de 1 000 milliards de dollars à l’économie mondiale chaque année. Ils mobilisent aussi près de 1,4 milliard d’hectares de terres agricoles, soit 28 % des terres agricoles mondiales, pour produire des aliments qui ne seront jamais consommés.
Le phénomène serait par ailleurs responsable de 8 à 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, notamment lorsque les aliments se décomposent dans les décharges et libèrent du méthane.
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