Les réunions annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale réunissent cette semaine à Bangkok des ministres des Finances et des banquiers centraux. Prévus du lundi au samedi, les travaux combinent rencontres à huis clos, échanges publics et annonces de politique économique.
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Les discussions interviennent dans un contexte marqué par un choc énergétique que le dossier relie à la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Les représailles de Téhéran contre des alliés de Washington dans le Golfe ont réduit l’offre mondiale de pétrole et de gaz, entraînant une forte hausse des prix de l’énergie.
Les pays importateurs en première ligne
Le FMI estime que les pays en développement dépendants des importations énergétiques sont les plus durement touchés. La hausse des coûts pèse sur leurs finances publiques et limite leur capacité à soutenir les ménages et les entreprises.
Les économies avancées d’Europe et des États-Unis ont mieux absorbé cette hausse des prix, mais elles n’ont pas échappé à l’inflation. Pour la contenir, les banques centrales ont relevé leurs taux d’intérêt, au risque de ralentir davantage l’activité économique.
Le FMI appelle les gouvernements à réduire les dépenses consacrées aux subventions et à reconstituer des marges budgétaires après plusieurs années de crises depuis la pandémie. Des critiques jugent toutefois cette orientation difficilement applicable aux pays à faible revenu et demandent un soutien accru des institutions financières internationales.
Kevin P. Gallagher, directeur du Global Development Policy Center de l’Université de Boston, estime que les pays les plus pauvres membres du FMI et de la Banque mondiale subissent simultanément les retombées de la guerre en Iran, la hausse des taux occidentaux et une crise climatique aggravée par El Niño. Il appelle les deux institutions à proposer une réponse plus ambitieuse, combinant liquidités d’urgence à court terme et financements de long terme.
L’intelligence artificielle, moteur de croissance mais facteur d’écart
Un autre axe majeur des réunions concerne l’intelligence artificielle. Les investissements dans ce secteur ont contribué à pousser les marchés boursiers des économies avancées vers de nouveaux sommets et ont soutenu leur croissance.
Mais les bénéfices de cette dynamique pourraient rester concentrés. Certains pays en développement se trouvent en dehors des chaînes d’approvisionnement liées à l’IA et risquent de ne pas profiter de ses retombées. Le FMI estime que les capitaux engagés dans cette technologie pourraient dépasser ceux investis par le passé dans les chemins de fer, les réseaux électriques ou les télécommunications mondiales.
Lors d’un événement organisé à Singapour la semaine précédente, la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a décrit une économie mondiale tiraillée entre un choc négatif sur l’offre d’énergie et un choc positif de demande porté par l’IA. Elle a également insisté sur le caractère très inégal de leurs effets selon les régions.
Le risque d’un nouvel accroissement de la pauvreté
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) avertit que la combinaison de ces crises pourrait faire basculer des millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté. Son administrateur, Alexander De Croo, estime que la flambée des prix du pétrole et des denrées alimentaires prive déjà de nombreuses familles de toute marge de sécurité.
Il évoque le risque de voir « des dizaines, voire des centaines de millions de personnes » retomber dans la pauvreté, alors que les gouvernements des pays en développement doivent arbitrer entre le soutien aux populations vulnérables et la préservation de leurs programmes de développement.
En marge des réunions, une rencontre des ministres des Finances du G20 doit également aborder la progression des rendements obligataires. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, n’y participera pas en raison d’« engagements nationaux », a précisé un responsable du département du Trésor.
Le FMI doit publier mardi ses prévisions pour l’économie mondiale, avant de présenter au cours de la semaine des perspectives régionales plus détaillées.
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