Un texte d’opinion consacré aux prénoms africains appelle à une meilleure valorisation des appellations traditionnelles, notamment celles présentées comme authentiquement guinéennes. L’argumentaire critique l’abandon progressif de ces prénoms au profit de noms arabes ou occidentaux, perçus par son auteur comme moins liés aux héritages africains.
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Le texte affirme qu’avant l’influence de certaines croyances religieuses, notamment dans le contexte des contacts avec les Almoravides au XIe siècle et avec les missionnaires catholiques, les populations africaines portaient des prénoms traditionnels jugés évocateurs et porteurs de sens. Cette évolution est présentée comme ayant affecté les pratiques de nomination dans de nombreuses communautés du continent.
Des prénoms liés à la famille et à la naissance
Parmi les prénoms cités comme « authentiquement guinéens » figurent N’Sira, Tanoundi, M’Bemba, Baadi, N’Baadi, N’gady, N’nady et Kassory. Le texte associe N’Sira à la première fille d’une fratrie. Tanoundi et M’Bemba signifieraient respectivement « petit frère » et « grand frère » et seraient souvent attribués à des enfants portant le prénom d’un aïeul.
Baadi ou N’Baadi est présenté comme signifiant « petit-papa », tandis que N’gady ou N’nady renverrait à l’expression « petite maman ». Kassory, pour sa part, serait la contraction de Karamo Sory. Ces explications sont données par l’auteur du texte, sans référence linguistique ou historique indépendante dans les éléments disponibles.
Des circonstances particulières d’attribution
Une autre série de prénoms est rattachée à des moments ou à des caractéristiques particulières. Pola serait donné à une fille qui accède pour la première fois à un lieu d’initiation et serait présenté comme le contraire de Pogba. Gobou serait associé à une fille au cou décrit comme ridé ou magnifique.
Le texte cite également Mamey et Nowaï, qui seraient attribués après l’excision dans les circonstances familiales évoquées par l’auteur. Ces prénoms sont ainsi présentés comme les témoins de pratiques sociales et de situations précises entourant l’enfance et le passage à certaines étapes de la vie.
D’autres appellations sont liées aux qualités personnelles. Fabali ou Foromo renverrait à une personne intrépide, courageuse et franche. Köhö désignerait un éclaireur et un protecteur du patrimoine du village. Koma, Zouba, Gaba et Gawala sont, eux, associés à des guerriers intrépides ainsi qu’à la bravoure et à la puissance physique.
Kama, Kolly et Pévé sont présentés comme des prénoms liés à des esprits brillants, à la réflexion et à la sagesse. Damawa ou Komassa signifierait « élancée ». Le texte évoque aussi un vieux proverbe du monde maninka relatif à une coupe de cheveux permettant à un homme d’être reconnu parmi les autres.
Un appel à transmettre ces noms
Au terme de sa réflexion, l’auteur défend l’idée que les prénoms traditionnels africains définissent mieux l’Africain et rapprochent les peuples du continent de leurs ancêtres. « Les prénoms traditionnels africains sont plus resplendissants et définissent mieux l’Africain que ces prénoms importés qui ne nous ressemblent ni ne nous rassemblent », écrit-il.
Le texte invite enfin les familles à ne pas avoir honte de donner ces prénoms à leurs enfants. Ils constitueraient, selon cette argumentation, un lien entre les générations et les peuples africains, contrairement aux prénoms arabes et occidentaux, décrits comme contribuant à éloigner les descendants de leurs aïeux.
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