À Epworth, une ville située près de Harare, une ancienne caravane familiale transformée en clinique mobile offre aux adolescentes un accès discret à la contraception et aux services de santé reproductive. Installée dans un espace à l’écart d’un hôpital local, la structure est gérée par Population Services Zimbabwe, une organisation affiliée à MSI Reproductive Choices.
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La clinique propose des contraceptifs, des traitements contre les infections sexuellement transmissibles, ainsi que des consultations de conseil et d’information sur la santé sexuelle et reproductive. Son emplacement permet aux jeunes femmes de préserver leur intimité, dans un contexte où la peur du jugement, de la stigmatisation ou d’une rencontre avec des proches peut dissuader certaines adolescentes de se rendre dans une structure de santé classique.
Un service pensé pour préserver la confidentialité
Kelly Nhedega, aujourd’hui âgée de 18 ans, est tombée enceinte à 16 ans et a quitté l’école. Récemment, elle a obtenu une contraception de manière discrète alors qu’elle cherche à reprendre sa scolarité et s’occupe d’un enfant de 18 mois.
« Je n’ai pas l’intention d’avoir d’autres enfants parce que je veux retourner à l’école », explique-t-elle. Elle estime que de nouvelles grossesses compromettraient ses chances de reprendre les études et de construire le projet professionnel qu’elle envisageait.
Selon Pester Siraha, directeur de Population Services Zimbabwe, la caravane fournit ses services depuis 2021. Elle a depuis pris en charge plus de 100 000 adolescents à Epworth, mais aussi dans des communautés agricoles, des quartiers informels et des implantations voisines.
Des financements internationaux en forte baisse
Le dispositif est cependant confronté à d’importantes difficultés financières. Population Services Zimbabwe a perdu une subvention de cinq ans d’un montant de 9 millions de dollars, attribuée en 2023. Plus de 6 millions de dollars de cette enveloppe n’avaient pas encore été dépensés lorsque le financement a été supprimé, dans le cadre du démantèlement de nombreux programmes d’aide par l’administration Trump en 2025.
L’organisation s’est ensuite tournée vers un soutien financier suédois pour couvrir une partie du déficit. Cette aide a toutefois pris fin en août. La poursuite de cette réduction des ressources pourrait conduire à la fermeture des activités de proximité, notamment des cliniques mobiles qui desservent les populations éloignées des établissements de santé.
Au Zimbabwe, le ministre de la Santé, Douglas Mombeshora, a déclaré que le pays avait consacré 6,3 millions de dollars à l’achat de contraceptifs depuis 2022. Il a également annoncé un engagement de 2,25 millions de dollars par an pour ces achats en 2026 et 2027.
Des obstacles qui dépassent les frontières
Les difficultés d’accès ne concernent pas uniquement le Zimbabwe. En Zambie, Inonge Wina Chinyama, directrice de MSI Zambia, évoque l’incertitude entourant les règles de consentement parental et l’indisponibilité de certaines méthodes contraceptives. La perte du soutien américain affecte également l’acheminement des produits jusqu’aux centres de santé ruraux, un maillon souvent décrit comme le « dernier kilomètre ».
Une cargaison de contraceptifs commandée en Zambie au mois de novembre est ainsi arrivée avec plus de trois mois de retard. Les perturbations du transport maritime mondial ont rendu les livraisons plus lentes et moins prévisibles, certains transporteurs ayant modifié leurs itinéraires pour éviter des voies maritimes touchées par des conflits.
À l’échelle mondiale, l’UNFPA estime à 185 millions de dollars le déficit de financement de la contraception pour l’année en cours. L’International Planned Parenthood Federation indique par ailleurs que près de 1 400 établissements de santé reproductive ont fermé dans le monde au mois de décembre, dont 1 175 en Afrique, privant environ 5,9 millions de femmes de services.
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