Navi Pillay reçoit le Nobel de la paix 2026 pour son combat en faveur du droit international
La juriste sud-africaine Navi Pillay a été désignée lauréate du prix Nobel de la paix 2026. Le Comité Nobel salue son engagement pour la justice internationale, tandis que sa distinction suscite des...
Le Comité Nobel norvégien a attribué vendredi, à Oslo, le prix Nobel de la paix 2026 à la juriste sud-africaine Navanethem « Navi » Pillay. La distinction, qui constitue le 125e prix Nobel de la paix, récompense son engagement en faveur de la paix et du droit international.
Le comité a notamment souligné le rôle de Navi Pillay dans les efforts visant à faire poursuivre les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et les génocides. Dans son explication, il a estimé que le droit international est devenu indispensable face à la multiplication des guerres et des conflits.
Jorgen Watne Frydnes, président du Comité Nobel norvégien, a déclaré que le système de droit international était « sous une pression considérable ». Il a également évoqué le rôle des juges, chargés de préserver la limite fragile entre l’ordre et le chaos.
Une carrière consacrée à la justice internationale
Âgée de 85 ans, Navi Pillay a réagi à l’annonce depuis la salle historique de Nuremberg, en Allemagne, où furent jugés des dirigeants nazis après la Seconde Guerre mondiale. Elle a dédié son prix aux survivants des crimes internationaux.
Ancienne haute-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, la juriste a présidé la Commission internationale d’enquête indépendante de l’ONU sur le Territoire palestinien occupé. Elle a également siégé au Tribunal pénal international pour le Rwanda et à la Cour pénale internationale.
Elle siège actuellement à la Cour internationale de justice dans une affaire où le Myanmar est accusé de génocide contre les Rohingyas.
Le Comité Nobel a particulièrement mis en avant son travail au sein du tribunal consacré au Rwanda. Cette expérience a contribué à établir que le viol et les violences sexuelles peuvent constituer des crimes contre l’humanité et des actes de génocide.
Née en Afrique du Sud et d’origine indienne tamoule, Navi Pillay a commencé sa carrière juridique dans l’ancienne province du Natal. Elle y est devenue, en 1967, la première femme à ouvrir un cabinet d’avocats. Elle a ensuite défendu Nelson Mandela et d’autres militants anti-apartheid avant de devenir la première femme noire à siéger à la Haute Cour sud-africaine.
Des réactions contrastées
La distinction intervient alors que Navi Pillay est également associée aux travaux de l’enquête de l’ONU sur Gaza. Présentant les conclusions de cette commission à l’Assemblée générale des Nations unies, elle a affirmé que l’enquête avait conclu à la responsabilité d’Israël dans quatre actes génocidaires à Gaza, avec l’intention spécifique de détruire les Palestiniens de ce territoire. Ces conclusions sont celles de la commission d’enquête présidée par la juriste.
Le ministère israélien des Affaires étrangères a rejeté la décision du Comité Nobel, la qualifiant de « grotesque instrumentalisation » destinée à légitimer la haine et les préjugés envers Israël.
À l’inverse, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a vu dans le prix un hommage à toutes les personnes qui défendent le droit international, l’État de droit et les droits humains. Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a salué le courage, l’intégrité et l’engagement de longue date de Navi Pillay en faveur de la justice.
Donald Trump a, pour sa part, critiqué le choix du Comité Nobel dans une publication sur Truth Social, estimant que la décision avait « dévalorisé » le prix. Navi Pillay a aussi évoqué avec humour la possibilité de partager sa récompense avec le président américain.
Le prix, doté de 12 millions de couronnes suédoises, soit environ 1,2 million de dollars, doit être remis à Oslo le 10 décembre.
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