La situation liée à Ebola se dégrade dans le Nord-Kivu, en République démocratique du Congo. Médecins Sans Frontières (MSF) estime que la propagation du virus est désormais hors de contrôle dans cette province, où sont enregistrés près de 40 % des nouveaux cas confirmés à l’échelle nationale.
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L’organisation alerte également sur la pression exercée sur les structures de prise en charge. Elle demande une augmentation urgente des capacités de traitement, alors que les installations existantes seraient sollicitées au-delà de leurs limites.
Une transmission qui gagne les zones rurales
À Butembo, la transmission ne se limite plus au centre urbain. Les zones de santé voisines ont toutes signalé des cas confirmés, selon Stephanie Hoffmann, coordinatrice du centre de traitement Ebola de MSF dans la ville.
La responsable explique que la maladie s’étend désormais vers les secteurs ruraux environnants, où les moyens de soutien sont limités. La plupart des nouveaux cas proviennent par ailleurs de chaînes de transmission qui n’ont pas encore été identifiées, ce qui rend le suivi des contaminations plus difficile.
Cette progression géographique intervient alors que de nouveaux foyers apparaissent chaque semaine. Elle accroît les besoins en dépistage, en prise en charge médicale et en accompagnement des communautés exposées.
Les décès communautaires au cœur des inquiétudes
Selon Stephanie Hoffmann, 75 % des décès liés à Ebola sont des décès communautaires. Il s’agit de personnes qui ne sont jamais admises dans un centre de traitement ou de transit.
Ces malades décèdent à domicile et sont pris en charge par leurs familles ou leurs proches. Pour MSF, cette situation augmente le risque de transmission, notamment lors des contacts avec les personnes malades ou décédées.
La peur de la maladie et la crainte des structures spécialisées dissuadent également certaines personnes de demander de l’aide. Ce manque d’engagement communautaire constitue, d’après la coordinatrice, l’un des principaux obstacles à la maîtrise de l’épidémie. Certaines familles préfèrent se tourner vers les centres de santé ordinaires, qui subissent eux aussi une pression croissante.
Une épidémie annoncée après plusieurs mois de circulation
L’épidémie avait commencé dans la province de l’Ituri, au nord du Nord-Kivu, avant de se propager pendant plusieurs mois sans être détectée. Lorsqu’elle a été annoncée en mai, des dizaines de personnes étaient déjà mortes.
La maladie est causée par le virus Bundibugyo. Elle est devenue l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière jamais enregistrée en République démocratique du Congo, selon les éléments disponibles sur la situation.
Le contexte local reste également marqué par des tensions autour de la sensibilisation. La semaine précédente, un politicien de Butembo a été tué quelques heures après être apparu à la radio locale pour appeler au respect des mesures de prévention contre Ebola. Son identité et les circonstances précises de sa mort n’ont pas été détaillées.
Face à l’extension de la transmission et au nombre élevé de décès survenant hors des structures médicales, MSF insiste sur la nécessité de renforcer rapidement l’offre de soins dans le Nord-Kivu.
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