Les forces fédérales éthiopiennes ont repris le contrôle de l’aéroport Alula Aba Nega, à Mekelle, capitale de la région du Tigré, ont indiqué des habitants de la ville. Un général éthiopien s’exprimant sous couvert d’anonymat a également confirmé que l’armée contrôlait l’installation.
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« L’armée contrôle pleinement l’aéroport. Cela, je peux le confirmer », a déclaré le général. Les informations disponibles ne permettent toutefois pas d’établir avec précision à quel moment l’aéroport a changé de mains, ni de déterminer si des combats s’y sont déroulés.
Le contrôle de Mekelle reste incertain
La situation dans la ville demeure difficile à vérifier. Les habitants font état de perturbations sévères des réseaux internet et de téléphonie mobile, compliquant la collecte et la confirmation des informations en provenance du Tigré.
Il n’était pas établi qui contrôlait effectivement Mekelle dans son ensemble. Des résidents craignaient par ailleurs d’éventuels pillages, alors que l’incertitude persistait sur le terrain.
Ni le gouvernement éthiopien ni le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) n’avaient publié de communiqué officiel confirmant la reprise de l’aéroport au moment des faits rapportés.
Un aéroport déjà saisi par le TPLF
Les combattants du TPLF avaient pris l’aéroport Alula Aba Nega le 23 septembre. À la suite de cette prise, Ethiopian Airlines avait suspendu ses vols à destination de Mekelle, mais aussi d’Axum et de Shire.
La reprise annoncée intervient dans un contexte de tensions renouvelées au Tigré. La région sort à peine d’une guerre qui avait opposé les autorités fédérales au TPLF. Le mouvement avait dirigé l’ensemble de l’Éthiopie de 1991 à 2018, avant d’être marginalisé après l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed. Cette évolution politique a progressivement contribué au déclenchement du conflit civil.
Un accord de paix fragilisé
L’accord de paix signé à Pretoria en 2022 avait mis fin aux affrontements, après une période de calme précaire. Des combats auraient toutefois repris à la fin de 2025. Depuis, le gouvernement fédéral a mené des frappes de drones au Tigré et concentré des troupes près de la frontière administrative de la région.
L’Union africaine a appelé les parties à la retenue, estimant que la montée des tensions mettait en danger l’accord de paix de 2022. Les autorités éthiopiennes accusent également le TPLF de s’être allié à l’Érythrée et à des groupes armés éthiopiens. De leur côté, des organisations de défense des droits humains reprochent au TPLF d’avoir procédé à des recrutements forcés au cours de l’année, alors qu’il se préparait à une éventuelle reprise du conflit. Ces accusations restent attribuées à leurs auteurs.
La situation humanitaire demeure fragile dans la région, où environ un million de personnes sont encore déplacées après la précédente guerre. Plusieurs engagements de l’accord de paix n’ont pas encore été pleinement mis en œuvre.
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