Des dizaines de milliers d’Oromo se sont rassemblés samedi à Addis-Abeba pour célébrer Irreecha, une fête traditionnelle d’action de grâce. La cérémonie s’est tenue dans un contexte particulièrement tendu, marqué par des informations faisant état de l’entrée des forces fédérales éthiopiennes à Mekelle, capitale du Tigré, tandis que les forces tigréennes auraient quitté la ville.
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Au cours du rassemblement, plusieurs participants ont transformé la célébration en tribune pour appeler à la fin des combats et à la protection des populations civiles. Les craintes d’une reprise durable de la confrontation entre le gouvernement fédéral et les forces tigréennes s’étaient intensifiées depuis plusieurs semaines.
Des appels à protéger les civils
Simert Ababa, une étudiante présente à la cérémonie, a estimé que la paix avait été fortement fragilisée ces dernières années, malgré la tenue de la fête. Elle a appelé à stabiliser la situation et rappelé la responsabilité des autorités dans la protection des familles.
« Les enfants ne doivent pas perdre leur éducation, les mères ne doivent pas être victimes de violences et les enfants non plus », a-t-elle déclaré.
Une autre étudiante, Bilise Mohammed, a demandé aux parties engagées dans les combats de parvenir à un accord. « Pour ceux qui sont dans le Nord, concluez un accord afin que la guerre s’arrête », a-t-elle lancé, en appelant le gouvernement et les combattants à placer la paix au premier plan.
Le commerçant Carra Mekonen a, lui aussi, défendu la liberté de circulation et la coexistence entre les différentes régions du pays. Il a exprimé le souhait que les habitants puissent vivre et travailler librement, de Wollega, en Oromia, jusqu’au Tigré et à la région Amhara.
Une reprise des hostilités rapportée
Les combats auraient éclaté dix jours avant le rassemblement, après des attaques attribuées au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) contre des États voisins. Les informations relatives à l’entrée des forces fédérales à Mekelle et au retrait des forces tigréennes restent présentées comme des rapports, sans confirmation indépendante dans les éléments disponibles.
Debretsion, présenté comme un dirigeant du TPLF, a laissé entendre dans un message vidéo que les forces tigréennes pourraient poursuivre des opérations de type guérilla, comme après la prise de Mekelle par les forces gouvernementales en 2020. Il a également affirmé que le conflit dépassait le cadre national et qu’il était lié au contrôle de la mer Rouge.
Le TPLF a dirigé l’Éthiopie de 1991 à 2018, avant d’être marginalisé avec l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Abiy Ahmed, originaire de la région Oromia. Les tensions entre le Tigré et Addis-Abeba avaient déjà conduit à une guerre civile en 2020. Ce conflit, qui a duré deux ans, aurait fait plus de 600 000 morts. Un accord de paix conclu en 2022 avait instauré un calme fragile, sans être pleinement appliqué.
Les relations régionales se dégradent
La crise s’accompagne d’une détérioration des relations entre l’Éthiopie, l’Érythrée et l’Égypte. Addis-Abeba a expulsé dix diplomates érythréens et fermé son ambassade à Asmara. En réponse, l’Érythrée a annoncé son intention de « rompre tous les liens diplomatiques » avec l’Éthiopie.
L’Éthiopie a également expulsé un diplomate égyptien, sans fournir d’explication, et Le Caire a pris une mesure réciproque. Le gouvernement éthiopien accuse l’Érythrée et l’Égypte de soutenir les rebelles. De son côté, l’Érythrée accuse l’Éthiopie, pays enclavé, de préparer une invasion destinée à obtenir un accès à son littoral.
Dans ce climat de tensions militaires et diplomatiques, les participants à Irreecha ont insisté sur la nécessité de mettre un terme aux affrontements et d’éviter que les populations civiles ne paient un nouveau tribut.
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