La situation alimentaire continue de se dégrader au Yémen, après une intensification des combats qui a déplacé des dizaines de milliers de personnes et perturbé les circuits d’approvisionnement. Le Programme alimentaire mondial (PAM) indique que 74 % des ménages vivant dans les zones gouvernementales accessibles ne sont plus en mesure de couvrir leurs besoins alimentaires essentiels.
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Ces territoires abritent environ 10 millions de personnes. Des familles déplacées sont arrivées aux environs d’Aden et de Taiz sans nourriture ni eau, après avoir quitté leurs habitations dans l’urgence. Le PAM avertit que la prolongation des affrontements risque d’aggraver encore une crise humanitaire déjà profonde.
Une aide menacée par le manque de financements
Pour répondre à l’augmentation des besoins, l’agence onusienne prévoit d’étendre son dispositif afin d’assister jusqu’à 1,5 million de personnes. Elle demande 109 millions de dollars pour financer cette réponse.
Le PAM a déjà réaffecté des ressources initialement prévues pour des distributions alimentaires en novembre. Sans nouveaux financements, les personnes déplacées les plus vulnérables pourraient toutefois subir une interruption de l’aide dans un délai d’un mois.
Matthew Hollingworth, directeur exécutif adjoint du PAM chargé des opérations de programme, a estimé que l’impact de l’escalade sur la sécurité alimentaire pourrait être « absolument dévastateur ». Il a également prévenu que la crise de la faim s’amplifierait si les combats se poursuivaient.
Des déplacements qui s’étendent au-delà du Yémen
À la fin du mois de septembre, plus de 3 700 personnes ayant fui les combats avaient atteint Djibouti en traversant le détroit de Bab el-Mandeb, selon le PAM. Au Yémen, l’Organisation internationale pour les migrations estime à plus de 149 000 le nombre de personnes déplacées, certaines à plusieurs reprises.
À l’échelle nationale, 18,3 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire sévère. Parmi elles figurent 2,2 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition aiguë, d’après les estimations du PAM.
Un conflit qui fragilise les approvisionnements
La reprise des combats oppose les forces gouvernementales yéménites soutenues par l’Arabie saoudite au groupe houthi aligné sur l’Iran. Cette escalade est décrite comme la plus grave entre les deux parties depuis la trêve négociée par l’ONU en 2022, qui avait largement interrompu les attaques transfrontalières.
Les Houthis contrôlent une grande partie du nord du pays, notamment la capitale Sanaa. Le groupe avait également pris, le mois précédent, la côte yéménite de la mer Rouge au gouvernement internationalement reconnu, selon la description du conflit fournie dans le dossier.
La dépendance du Yémen aux importations accroît la vulnérabilité de la population : environ 90 % de la nourriture consommée dans le pays provient de l’étranger. Le PAM craint que les perturbations de la navigation autour du détroit de Bab el-Mandeb et du détroit d’Ormuz ne provoquent une hausse mondiale des prix de la nourriture et du carburant.
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