Le Mozambique fait partie des pays africains qui pourraient être les plus durement touchés par les effets du super El Niño attendu en 2026, ont alerté les Nations unies. Le phénomène annoncé pourrait aggraver les difficultés d’un pays déjà fragilisé par des inondations catastrophiques et une situation économique tendue.
L’alerte a été formulée par Elisa Morgera, rapporteure spéciale des Nations unies sur les changements climatiques, à l’issue d’une visite de travail de onze jours au Mozambique. Elle a estimé que le pays comptait parmi les territoires les plus vulnérables au changement climatique dans le monde, alors qu’il a très peu contribué à son aggravation.
Des risques multiples pour l’Afrique australe
Dans les prochains mois, les prévisions associées au super El Niño font craindre une combinaison de sécheresses prolongées, de cyclones et d’inondations au Mozambique. À l’échelle de l’Afrique australe, le système climatique attendu pourrait également provoquer des vagues de chaleur sévères, une pluviométrie inférieure à la normale et une hausse des risques de sécheresse.
Ces projections ne constituent pas encore un bilan de phénomènes réalisés. Elles décrivent des risques susceptibles de se concrétiser dans les mois à venir, dans une région déjà exposée aux conséquences des événements climatiques extrêmes.
Dans le classement évoqué par les Nations unies, le Mozambique figure avec le Malawi et Madagascar parmi les trois pays africains considérés comme les plus vulnérables. Cette exposition intervient alors que le pays doit déjà composer avec les conséquences économiques d’inondations catastrophiques survenues plus tôt cette année.
3,5 millions de personnes en insécurité alimentaire aiguë
La pression se fait également sentir sur les populations. Quelque 3,5 millions de personnes vivent actuellement au Mozambique en situation d’insécurité alimentaire aiguë. L’arrivée possible de nouvelles périodes de sécheresse, de fortes pluies ou de cyclones pourrait compliquer davantage les conditions de vie des personnes déjà touchées.
Elisa Morgera a aussi appelé à renforcer les obligations imposées aux entreprises privées opérant dans le pays. Elle estime que ces sociétés doivent respecter les droits humains et éviter les dommages environnementaux et climatiques prévisibles. La rapporteure spéciale a particulièrement insisté sur la responsabilité des compagnies du secteur des énergies fossiles.
Son intervention place ainsi la prévention et la protection des populations au centre des discussions sur la réponse climatique au Mozambique. Pour les prochains mois, les risques annoncés restent soumis à l’évolution du phénomène El Niño, mais ils s’ajoutent à une situation humanitaire et économique déjà difficile.
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