Conakry, 2 octobre 2026 — Le président de la République de Guinée, Mamadi Doumbouya, a accordé une grâce présidentielle à plusieurs personnes condamnées par les juridictions du pays. Parmi les bénéficiaires figure Mamadou Aliou Bah, président du Mouvement démocratique libéral (MoDeL) et figure de l’opposition guinéenne.
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Le décret présidentiel prévoit une remise totale des peines privatives de liberté prononcées contre les bénéficiaires. Cette mesure est toutefois assortie d’une obligation : effectuer un stage d’encadrement civique et de préparation à la réinsertion d’une durée de 45 jours.
Une remise de peine assortie d’une obligation
Le stage constitue une condition préalable prévue par le dispositif de grâce. Il doit notamment contribuer à la réinsertion sociale des personnes concernées et à leur sensibilisation aux valeurs civiques, citoyennes et républicaines.
Les modalités pratiques de cette mesure ne sont pas encore détaillées. Elles doivent être fixées ultérieurement par un arrêté conjoint du ministre de la Justice et du ministre de la Défense nationale. Le texte devra préciser l’organisation et la mise en œuvre du stage.
La décision présidentielle ne fournit pas, à ce stade, d’indication sur la date exacte ni sur les modalités concrètes de la libération physique de Mamadou Aliou Bah.
Une condamnation confirmée en appel
Mamadou Aliou Bah avait été condamné à deux ans d’emprisonnement ferme par le tribunal de première instance de Kaloum, le 7 janvier 2025. La juridiction l’avait reconnu coupable d’« offense et diffamation » envers le chef de l’État, selon la qualification retenue dans la décision rapportée.
La cour d’appel avait confirmé cette condamnation le 28 mai 2025. Le président du MoDeL était depuis détenu dans le cadre de cette affaire.
La décision de la Cour de justice de la CEDEAO
La grâce intervient également dans le contexte d’une procédure engagée devant la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).
Dans un arrêt rendu le 25 juin 2026, cette juridiction avait ordonné la mise en liberté immédiate et sans condition de Mamadou Aliou Bah. Le même jour que l’annonce de la grâce présidentielle, la Cour a demandé aux autorités judiciaires guinéennes d’assurer le suivi de l’exécution de cette décision dans l’affaire opposant le dirigeant du MoDeL à l’État guinéen.
La mesure annoncée à Conakry accorde ainsi une remise totale de la peine privative de liberté, tout en maintenant une obligation de stage civique dont le contenu et le calendrier doivent encore être précisés par les autorités compétentes.
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