La Commission nationale de la consommation d’Afrique du Sud (NCC) a lancé, mercredi, un Registre national d’opposition destiné à aider les consommateurs à se protéger contre le démarchage commercial non sollicité. Le mécanisme doit permettre aux particuliers d’indiquer à l’avance qu’ils ne souhaitent plus être contactés par des opérateurs de marketing direct.
Le dispositif concerne notamment les appels téléphoniques, les SMS, les courriels et d’autres formes de communication électronique. Il s’inscrit dans l’application de l’article 11 de la loi sud-africaine sur la protection des consommateurs, qui reconnaît le droit de bloquer les communications commerciales indésirables.
Un calendrier progressif pour les entreprises
Les sociétés de marketing direct peuvent s’inscrire au registre depuis le 15 septembre. La NCC leur a fixé jusqu’en décembre 2026 pour finaliser cette démarche. Elles disposeront ensuite de cinq mois, de décembre à avril 2027, pour nettoyer leurs bases de données et préparer la connexion de leurs systèmes au registre, sans frais d’interface.
À partir de mai 2027, les consommateurs inscrits devraient pouvoir empêcher de manière préventive les opérateurs de marketing direct de les contacter. La Commission prévoit également de publier des orientations complémentaires et de mener un programme d’information destiné au public pendant le déploiement progressif du dispositif.
Les obligations annoncées concernent un large éventail d’acteurs économiques, notamment les entreprises de technologie financière, les banques, les opérateurs télécoms, les assureurs, les détaillants et d’autres entreprises numériques. Les spécialistes du marketing devront en outre vérifier leurs listes chaque mois avant de lancer des campagnes.
Une réponse à l’augmentation des communications indésirables
La mise en place du registre intervient dans un contexte de forte progression des sollicitations non désirées en Afrique du Sud. D’après les données de Truecaller, 17,5 milliards d’appels indésirables ont été enregistrés entre janvier et juin 2026, soit une hausse de 25,2 % par rapport à la même période de 2025.
Le volume des SMS indésirables a, lui aussi, augmenté. Il a atteint 3,7 milliards au cours des six premiers mois de 2026, en progression de 58,9 % sur un an. Ces chiffres couvrent à la fois les communications commerciales non sollicitées et les messages associés aux pratiques de fraude et d’escroquerie.
Lors du lancement, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence, Parks Tau, a estimé que la vigilance des citoyens ne pouvait pas suffire face à des réseaux de plus en plus sophistiqués. Il a notamment évoqué le recours à l’usurpation de numéros et à l’intelligence artificielle pour atteindre les consommateurs.
Le ministre a également relié cette initiative au droit constitutionnel à la vie privée garanti par l’article 14 de la Constitution sud-africaine. Il a défendu l’idée qu’un numéro de téléphone, une adresse électronique et le temps d’une personne ne doivent pas être collectés et commercialisés sans son consentement.
Pour Hardin Ratshisusu, commissaire par intérim de la NCC, le registre doit favoriser un marketing direct plus responsable tout en renforçant la protection des consommateurs. La réussite du dispositif dépendra toutefois de l’adaptation effective des entreprises et du respect du calendrier annoncé par les autorités.
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