Près de deux semaines après son décès à Paris, Sidya Touré a été conduit à sa dernière demeure jeudi 8 octobre 2026 à Abidjan. L’ancien Premier ministre et leader politique guinéen a été inhumé au cimetière de Williamsville, en présence de personnes venues de Guinée, de Côte d’Ivoire et d’autres pays.
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La cérémonie a également réuni des responsables ivoiriens et guinéens, d’anciens collaborateurs, des amis ainsi que plusieurs personnalités. Elle a été marquée par des témoignages sur la personnalité et le parcours de celui qui avait développé de profondes attaches personnelles et professionnelles avec la Côte d’Ivoire.
Un hommage à l’humilité et à la simplicité
Parmi les intervenants, le journaliste et historien guinéen Amadou Diouldé Diallo a livré un témoignage consacré à la dimension humaine et intellectuelle de Sidya Touré. Il a notamment insisté sur son attitude discrète, malgré ses responsabilités et son parcours.
« Sidya s’est approprié la culture pour devenir un homme immense. Mais au-delà de la culture, c’est l’humilité et la simplicité de l’homme », a déclaré Amadou Diouldé Diallo.
Le journaliste a illustré cette appréciation par un souvenir remontant à 1997. Alors qu’ils se rendaient vers Kolon, Sidya Touré aurait refusé de profiter d’une priorité au bac de Boffa. Il aurait garé son cortège avant de prendre une pirogue, comme les autres usagers, pour traverser le fleuve Fatala.
« Cela m’a fondamentalement marqué », a confié Amadou Diouldé Diallo en évoquant cette scène.
Un parcours entre la Guinée et la Côte d’Ivoire
Le témoignage a également rappelé les différentes étapes de la carrière de Sidya Touré. Son parcours comprenait notamment des études à l’École Nationale du Trésor de Paris, ainsi que plusieurs fonctions stratégiques dans l’économie ivoirienne. Il était ensuite devenu directeur de cabinet du Premier ministre Alassane Ouattara.
Amadou Diouldé Diallo a aussi évoqué une rencontre datant de 1998, lors d’une réunion consacrée aux questions économiques avec la Banque mondiale, le FMI et le Club de Paris. Selon son récit, Sidya Touré avait alors pris part aux échanges sur la dette guinéenne. Le journaliste rapporte avoir entendu les termes « réduction », « annulation » et « rééchelonnement de la dette » après l’intervention du responsable guinéen. Ces éléments relèvent toutefois du témoignage livré lors de l’hommage.
Pour Amadou Diouldé Diallo, les compétences de Sidya Touré n’ont pas suffisamment été mobilisées au service de la Guinée. « Mon regret est que les possibilités ne lui ont pas été données d’investir toute son expertise pour aider au développement de mon pays, de notre pays la République de Guinée », a-t-il déclaré.
Une référence intellectuelle
En conclusion, le journaliste a présenté Sidya Touré comme une personnalité dépassant le seul cadre national. « Parce que Sidya, je le dis, appartient à l’aristocratie intellectuelle non pas de la Guinée seulement, mais je dirais de l’Afrique », a-t-il affirmé.
Sidya Touré est décédé à Paris le 25 septembre 2026. Son inhumation à Abidjan a constitué un moment de recueillement pour ses proches, ses anciens collaborateurs et ceux qui ont accompagné son parcours en Guinée et en Côte d’Ivoire.
« Donc ce monsieur, c’était une référence. Nous devons être fiers de l’avoir enfanté et aujourd’hui de l’avoir en partage et en commun avec la République de Côte d’Ivoire et de toute l’Afrique », a conclu Amadou Diouldé Diallo.
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