L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo a dépassé le seuil des 4 000 décès. Les données gouvernementales citées dans le bilan publié vendredi font état de 4 018 morts et de 8 300 cas confirmés dans sept provinces.
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Ce bilan fait de l’épidémie actuelle la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC. Elle est également devenue plus grave que l’épidémie de 2018-2020. Il s’agit de la 17e épidémie d’Ebola recensée dans le pays. Elle a été officiellement déclarée un 15 mai, sans que l’année ne soit précisée dans les éléments disponibles.
Un incendie perturbe la prise en charge en Ituri
La lutte contre la propagation du virus a été davantage compliquée par l’incendie d’un camp situé dans les environs de Bunia, capitale de la province de l’Ituri. Le site abritait notamment un centre de transit destiné aux patients infectés nécessitant des soins.
Les Nations unies indiquent que des soldats ont incendié le camp alors qu’ils recherchaient des armes. L’incident, survenu plus tôt dans la semaine, a contraint 19 000 personnes à fuir. L’ONU a estimé que la destruction de ce centre rendait encore plus difficile l’arrêt de la transmission d’Ebola.
L’identité et l’appartenance des soldats impliqués ne sont pas précisées. Cet épisode intervient dans une région où les groupes armés, l’éloignement de certaines zones et la faiblesse des infrastructures compliquent déjà l’accès des équipes sanitaires.
La méfiance complique la riposte
Les difficultés ne sont pas uniquement logistiques. La colère et la méfiance envers les agents de santé et les autorités ont également entravé les opérations de contrôle de l’épidémie.
À Butembo, dans la province du Nord-Kivu, Marie-Celestin Karondwa, responsable local de l’Union for Democracy and Social Progress (UDPS), a été agressé après avoir participé à une émission de radio consacrée à la sensibilisation sur Ebola. Il a été battu à son domicile, puis sa maison a été incendiée. Transporté à l’hôpital, il est décédé des suites de ses blessures.
Les autorités sanitaires ont toutefois enregistré plus de 2 000 guérisons. Le nombre de cas confirmés est en baisse, a indiqué l’Africa Centres for Disease Control and Prevention. L’agence estime cependant que cette évolution pourrait aussi s’expliquer par l’insécurité et par les difficultés rencontrées pour coopérer avec certaines communautés. La baisse observée ne permet donc pas, à elle seule, de conclure à une maîtrise durable de l’épidémie.
Une épidémie encore loin d’être terminée
L’épidémie actuelle est attribuée à la souche Bundibugyo du virus Ebola. Plusieurs traitements et vaccins sont testés, mais aucun vaccin ni traitement n’est actuellement approuvé contre cette souche, d’après les informations disponibles.
L’Organisation mondiale de la santé a averti que la crise était encore « far from over », c’est-à-dire loin d’être terminée. Elle pourrait dépasser le bilan de l’épidémie qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone, et qui a causé plus de 11 000 morts.
Dans l’est de la RDC, notamment dans les zones proches du Soudan du Sud, de l’Ouganda et du Rwanda, la poursuite de la réponse dépendra de l’accès aux foyers, de la sécurité des équipes et de la coopération des populations. Ces facteurs restent déterminants alors que le bilan franchit un nouveau seuil.
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