À Kamsar, dans la région de Boké, l’Hôpital ANAIM poursuit la modernisation de son offre de soins. Le renforcement du plateau technique, le recrutement de nouvelles compétences et l’ouverture de services spécialisés permettent à l’établissement de prendre en charge des pathologies autrefois davantage orientées vers les grands centres hospitaliers.
Table Of Content
Cette évolution concerne notamment la chirurgie mini-invasive, la pédiatrie, la néonatologie, l’urologie et la réanimation. L’hôpital prend en charge les habitants de Kamsar ainsi que ceux des localités environnantes, avec l’ambition de consolider progressivement son rôle régional.
La chirurgie mini-invasive prend une place croissante
Le bloc opératoire s’est doté de trois salles, de respirateurs Dräger Atlan, d’une colonne de cœlioscopie et d’un autoclave Getinge d’une capacité de 500 litres. La cœliochirurgie constitue l’une des principales évolutions de l’établissement. Des techniques mini-invasives sont également utilisées en proctologie, notamment pour le traitement des hémorroïdes et de certaines fistules anales.
Avec l’appui de l’ANAIM, un chirurgien guinéen a été recruté et formé à la cœliochirurgie. Le Dr Emmanuel O’Day, chirurgien français, estime que cette approche a transformé les suites opératoires. « L’implémentation de la cœliochirurgie ici à l’hôpital de Kamsar a changé radicalement les suites opératoires du patient », affirme-t-il.
En 2025, environ 60 patients ont bénéficié d’une cœliochirurgie avancée. Le spécialiste souligne également les efforts engagés sur les tarifs, tout en rappelant les limites du financement des soins : « Nous avons diminué les prix des interventions pour la population », explique-t-il, avant de préciser qu’« il n’y a pas de médecine gratuite ».
L’acquisition de l’autoclave ouvre par ailleurs la perspective d’une relance de la pose des prothèses totales de hanche. Des investissements sont aussi envisagés pour rénover le bloc opératoire et renforcer les services spécialisés.
Pédiatrie et néonatologie sous pression
Le service de pédiatrie regroupe les urgences pédiatriques, la pédiatrie générale et la néonatologie. Il dispose au total de 54 lits et enregistre près de 16 000 consultations par an.
La néonatologie a augmenté sa capacité au fil des années, passant de six lits en 2017 à 12 en 2021, puis à 18 lits. Le Dr Macka Diaby, pédiatre spécialisé en néonatologie, présente l’unité comme un point de référence pour des nouveau-nés adressés par plusieurs structures sanitaires de la région de Boké.
En 2024, une formation en réanimation néonatale a permis de renforcer les compétences du personnel de la pédiatrie et de la maternité. Elle a également concerné 50 agents issus de 26 structures sanitaires de la région. Un projet destiné à améliorer le soutien respiratoire des nouveau-nés est prévu pour novembre 2026.
La fréquentation des urgences pédiatriques progresse. Près de 7 000 enfants y ont été reçus en 2026, contre environ 6 000 sur la même période en 2025, une hausse qui exerce une pression accrue sur les capacités d’accueil.
L’urologie rapproche les soins spécialisés des patients
Créé en septembre 2023, le service d’urologie est devenu opérationnel en février 2024 sous la direction du Dr Youssouf Keita. Il prend en charge les affections du rein, de l’uretère, de la vessie, de la prostate, de l’urètre et des organes génitaux masculins. Les troubles de la fertilité et les dysfonctions érectiles figurent également parmi les motifs traités.
Le service associe chirurgie conventionnelle, techniques minimalement invasives et actes endoscopiques. Il réalise aussi des biopsies échoguidées de la prostate. Son activité atteint chaque année 500 à 600 consultations, 100 à 200 hospitalisations et au moins une centaine d’interventions chirurgicales.
Pour le Dr Keita, cette offre évite à de nombreux patients de se déplacer vers les grands centres hospitaliers. Il appelle la population à consulter rapidement, notamment en cas de suspicion de cancer de la prostate, du rein ou de la vessie, le diagnostic précoce favorisant une meilleure prise en charge.
La réanimation reste le principal point de fragilité
Le service de réanimation accueille les patients présentant une ou plusieurs défaillances vitales, notamment après des accidents de travail, des accidents de la circulation ou lors d’urgences médico-chirurgicales. De nouveaux respirateurs ont renforcé ses moyens, tandis que trois médecins contractuels assurent une présence continue 24 heures sur 24.
La capacité d’accueil demeure cependant réduite à quatre lits. « Malgré ces avancées, notre principale difficulté reste la capacité d’accueil », souligne le Dr Goumou Mory, chef du service. Selon lui, la demande peut rapidement saturer l’unité.
Le Dr Christian Cheick Camara, chef du département médico-chirurgical, résume l’objectif de l’établissement : devenir un hôpital de référence dans la région de Boké, sans se substituer aux CHU. Le développement des compétences et des équipements doit ainsi se poursuivre au plus près des populations.
Aucun commentaire ! Soyez le premier à commenter.