À Conakry, « Esprit du fleuve » met les langues nationales au cœur de l’enseignement bilingue
Les Éditions Ganndal ont présenté à Conakry « Esprit du fleuve », un livre jeunesse traduit en quatre langues nationales. Les intervenants y voient un outil complémentaire pour l’enseignement...
Les Éditions Ganndal ont présenté, vendredi 6 novembre 2026 au CCFG de Conakry, l’ouvrage Esprit du fleuve, dans le cadre de la 10e édition du Salon international du livre jeunesse de Conakry. Écrit à l’origine en français, le livre a été traduit en sosso, pular, maninka et wolof.
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La rencontre a réuni des représentants de la Fondation Wazni, de l’Agence française de développement, de l’ambassade de France et du ministère de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Les discussions ont porté sur la place des langues nationales dans le système éducatif et sur l’intérêt du bilinguisme dans l’apprentissage des enfants.
Un support supplémentaire pour les élèves
Intervenant au nom de la ministre de l’Éducation nationale, Alpha Camara a présenté le livre comme une ressource complémentaire pour l’enseignement bilingue en Guinée. Selon lui, l’ouvrage permet aux enfants de lire dans leur langue première, le sosso, tout en disposant d’une version en français.
Il a défendu une approche consistant à partir de la langue déjà maîtrisée par l’enfant pour l’accompagner progressivement vers le français. « Apprendre dans sa langue maternelle ne freine pas l’acquisition du français », a-t-il déclaré, estimant au contraire que cette démarche peut faciliter l’apprentissage de cette deuxième langue.
Alpha Camara a également souligné l’importance de transmettre les langues nationales aux nouvelles générations. Il a remercié le président de la République, Mamadi Doumbouya, pour avoir consacré cette volonté dans la Constitution.
Un ouvrage conçu en cinq langues
Pépé Guilavogui, directeur éditorial des Éditions Ganndal, a expliqué que le choix des traductions était lié au sujet du livre, consacré au fleuve Niger, présenté comme prenant sa source en Guinée avant de traverser plusieurs pays de la sous-région.
L’ouvrage existe en deux versions : l’une en français et en sosso, l’autre en pular, wolof et maninka. Pour les Éditions Ganndal, cette démarche doit faciliter l’accès au livre pour différentes communautés linguistiques et participer à la préservation du patrimoine culturel.
La maison d’édition, spécialisée dans la littérature de jeunesse, entend ainsi accorder une place à la promotion des langues nationales. Pépé Guilavogui a rappelé que la disparition d’une langue peut entraîner celle d’une partie de la culture et du patrimoine de l’humanité.
Une utilisation possible dans plusieurs disciplines
Enseignant en langue nationale bilingue, Kabinet Touré a décrit le fonctionnement du dispositif appliqué à Kindia. En première année, les cours sont dispensés entièrement en langue nationale. Le français est introduit progressivement à partir de la deuxième année, jusqu’à un équilibre entre les deux langues en quatrième année. En cinquième et sixième années, l’enseignement se fait entièrement en français, notamment parce que les évaluations scolaires sont organisées dans cette langue.
Pour Kabinet Touré, Esprit du fleuve pourrait être utilisé au-delà de l’apprentissage de la lecture. Ses textes et ses illustrations pourraient également servir de supports en sciences et technologies, en géographie et en histoire. La présentation de Conakry a ainsi placé le livre au croisement de la littérature jeunesse, de l’éducation bilingue et de la sauvegarde des langues nationales.
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