Dossier OGP : les zones d’ombre persistent autour de la détention d’Aladji Cellou Camara
Près de quatre mois après son placement sous mandat de dépôt, Aladji Cellou Camara reste détenu à Coyah. Les détails des poursuites, l’avancée de l’instruction et son état de santé demeurent au...
Près de quatre mois après son incarcération, les incertitudes demeurent autour de la procédure visant Aladji Cellou Camara, ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP). Placé sous mandat de dépôt le 9 juillet 2026, il reste détenu au centre pénitentiaire de Coyah.
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Selon les éléments disponibles, l’ancien responsable avait d’abord été placé sous contrôle judiciaire avant d’être incarcéré trois jours plus tard. Son dossier, initialement orienté vers une procédure de flagrant délit au niveau de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), a ensuite été renvoyé devant un juge d’instruction, Robert Ouendounou, pour l’ouverture d’une information judiciaire.
Une instruction dont l’avancée reste peu documentée
Aladji Cellou Camara n’aurait toujours pas été entendu sur le fond depuis l’ouverture de cette information judiciaire. Les perspectives d’un jugement ainsi que le calendrier de la suite de la procédure restent donc incertains.
Une source proche du parquet spécial de la CRIEF a évoqué des faits présumés de détournement de deniers publics, de corruption et d’enrichissement illicite. Ces qualifications, relayées publiquement, ne sont toutefois pas accompagnées de précisions sur les opérations concernées ni sur les éléments retenus contre l’ancien directeur général. Elles ne constituent pas, à ce stade, une condamnation établie.
Le départ d’Aladji Cellou Camara de l’OGP est intervenu dans un contexte de tensions internes. Le 26 juin 2026, une altercation avait opposé son adjoint, Jean-Marie Coumbassa, à des responsables syndicaux alors que l’ancien directeur général recevait une délégation syndicale de l’office.
Des préoccupations sur son état de santé
Les conditions de détention de l’ancien dirigeant sont également suivies avec attention. Une source proche du centre pénitentiaire de Coyah décrit son état de santé comme chancelant. Son avocat affirme pour sa part que cet état est très précaire. Ces informations n’ont pas fait l’objet d’une vérification médicale indépendante dans les éléments disponibles.
La suite du dossier pourrait apporter davantage de précisions avec la reprise des audiences après les vacances judiciaires. Pour l’heure, la date d’un éventuel jugement n’est pas connue.
Le bilan financier de la direction sortante évoqué
Les débats autour de l’ancien directeur général portent aussi sur la gestion de l’OGP. Les données présentées lors de la passation de service indiquent que son équipe avait trouvé près de 80 milliards de francs guinéens de dettes et six mois d’arriérés de salaires.
Au 30 juin 2026, la trésorerie disponible était estimée à 13 milliards de francs guinéens. Le même bilan faisait état de l’apurement de 14 milliards de francs guinéens de dettes anciennes et du reversement de 15 milliards de francs guinéens de taxes au Trésor public.
La délégation syndicale de l’OGP a salué plusieurs acquis attribués à la direction sortante, notamment le paiement régulier des salaires, l’apurement des arriérés de 2024, le versement des cotisations CNSS, la location d’un immeuble moderne de six étages ainsi que le renforcement de la logistique avec deux pick-up et des motos neuves.
Mohamed Banks Bangoura a depuis pris ses fonctions comme nouveau directeur général de l’OGP. Autour du dossier judiciaire, deux autres sujets ont été évoqués : un communiqué attribué au ministère de la Défense et diffusé le 5 septembre 2021, dont l’attribution est contestée, ainsi que la gestion publicitaire des élections législatives et communales de mai 2026. Des responsables de la DGE cités dans ce cadre soutiennent que l’OGP n’aurait été associé à aucun niveau aux opérations liées à ces élections.
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