Les Sud-Africains se rendent aux urnes mercredi pour élire leurs représentants dans les collectivités métropolitaines, régionales et locales. Le scrutin est largement considéré comme un test de la capacité de l’African National Congress (ANC) à conserver son influence, alors que les difficultés de nombreux services municipaux alimentent la défiance des citoyens.
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Les bureaux de vote ont ouvert à 7 heures, heure locale, et doivent fermer à 21 heures. La Commission électorale sud-africaine a enregistré 29,2 millions d’électeurs et déployé 23 696 bureaux à travers le pays. Plus de 1,4 million de votes spéciaux avaient déjà été enregistrés lundi et mardi.
Un scrutin sous pression pour l’ANC
Les électeurs doivent renouveler les conseils de huit municipalités métropolitaines, de 44 conseils de district et de 205 conseils locaux. Ces assemblées élues auront ensuite la responsabilité de choisir les maires.
L’ANC, qui a conduit la transition sud-africaine de 1994, a vu son poids électoral reculer au cours de la dernière décennie. Lors des municipales de 2021, le parti était passé pour la première fois sous la barre des 50 %. En 2024, il a également perdu sa majorité parlementaire et formé un gouvernement de coalition avec l’Alliance démocratique et d’autres formations.
Des sondages évoqués dans le cadre de la campagne laissent entendre que le soutien à l’ANC pourrait cette fois descendre sous les 40 %. Helen Zille, ancienne dirigeante de l’Alliance démocratique, a décrit le parti comme étant « en chute libre ». De son côté, le président Cyril Ramaphosa a estimé que les défaillances municipales avaient contribué au recul de la confiance du public envers la gouvernance démocratique.
La progression des coalitions
La compétition oppose notamment l’ANC à l’Alliance démocratique et au parti uMkhonto weSizwe, fondé par l’ancien président Jacob Zuma. Il s’agit de la première participation de cette formation à des élections locales. À Durban, dans la province du KwaZulu-Natal, le parti de Zuma mène une campagne décrite comme particulièrement solide. Les thèmes liés au sentiment anti-migrants y ont occupé une place importante.
À Johannesburg, capitale financière du pays, l’instabilité politique municipale reste au centre des préoccupations. La ville a connu cinq maires en quatre ans. Un sondage de News24 attribuait 36 % des intentions de soutien à Helen Zille dans la métropole. Si ce niveau se confirmait, l’Alliance démocratique aurait besoin de partenaires, notamment de l’ANC, pour gouverner.
La formation d’administrations de coalition ou minoritaires est déjà devenue une réalité dans une partie du pays. En février, 74 des 257 municipalités étaient dirigées par ce type d’exécutif, selon le Mapungubwe Institute for Strategic Reflection. Haru Mutasa, journaliste d’Al Jazeera, a estimé qu’aucun parti ne devrait obtenir seul la majorité dans plusieurs collectivités et que les alliances resteraient donc déterminantes.
Sécurité renforcée et enjeux à venir
Les autorités ont renforcé le dispositif de sécurité. La police sud-africaine a indiqué que 21 affaires liées aux élections avaient été enregistrées depuis dimanche. Le KwaZulu-Natal comptait par ailleurs 165 bureaux classés à haut risque, soit le nombre le plus élevé parmi les provinces.
Les résultats définitifs sont attendus dimanche. Ils permettront de mesurer l’ampleur des gains ou des pertes des principales formations et pourraient également influencer la course à la succession de Cyril Ramaphosa à la tête de l’ANC, lors de la conférence du parti prévue en décembre 2027.
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