À Thiéwa, commune située à plus de 80 kilomètres de Beyla, les tensions entre agriculteurs et éleveurs compliquent le développement des activités agricoles. Le maire, Sékou 1 Touré, appelle à une gestion plus stricte du bétail et demande aux propriétaires d’assurer sa surveillance tout au long de l’année.
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L’élu préconise une « tolérance zéro » contre l’abandon des animaux en brousse. À ses yeux, cette pratique expose les éleveurs à des pertes tout en aggravant les dommages subis par les cultivateurs. « Si vous voulez avoir des animaux, vous devez les garder pendant les douze mois de l’année », soutient-il.
Un élevage principalement familial
Le maire explique que l’élevage à Thiéwa reste essentiellement familial, notamment en raison de l’absence de grands espaces adaptés. Cette configuration, combinée à la divagation du bétail, alimente les différends avec les agriculteurs et pèse sur les activités rurales.
Selon Sékou 1 Touré, des animaux peuvent être laissés en brousse pendant plusieurs mois après la saison des pluies, vers la fin novembre ou en décembre. Une telle absence prolongée les expose notamment aux vols, aux animaux sauvages, aux serpents, à la boue et parfois à la mort. Dans certains villages, indique-t-il, plusieurs personnes peuvent déclarer avoir perdu un, deux ou trois animaux.
Le maire estime qu’une surveillance quotidienne permettrait de réagir plus rapidement en cas de disparition. Lorsqu’un animal n’est plus aperçu pendant un ou deux jours, sa recherche reste possible. Après deux mois, les chances de le retrouver diminuent et les recherches deviennent beaucoup plus difficiles, fait-il valoir.
Le maraîchage affecté par la divagation
Les dégâts causés dans les champs représentent l’autre versant du problème. Pour protéger leurs parcelles, les producteurs doivent parfois installer des clôtures, ce qui leur impose des dépenses et une charge de travail supplémentaires.
Sékou 1 Touré considère cette contrainte comme un frein important à la relance du maraîchage, en particulier pour les femmes qui souhaitent développer cette activité. Le temps consacré à la protection des terrains réduit celui disponible pour la production. Il souligne également qu’une parcelle clôturée n’est pas nécessairement entièrement labourée, exploitée ou récoltée.
« La redynamisation de la filière maraîchère que je souhaite mettre en place rencontre un handicap majeur : les animaux », affirme le maire, qui relie directement la maîtrise de la divagation du bétail aux perspectives de développement agricole local.
Une responsabilité partagée
Pour l’élu, l’application rigoureuse des règles de garde permettrait de protéger à la fois les éleveurs et les agriculteurs. Elle pourrait limiter les pertes de bétail, préserver les récoltes et réduire les conflits agro-pastoraux qui entravent les activités économiques de la commune.
Sékou 1 Touré appelle ainsi les propriétaires à prendre davantage leurs responsabilités. Il estime qu’une prise de conscience collective et une meilleure surveillance des animaux offriraient de meilleures conditions au développement du maraîchage et au renforcement de l’économie locale, même à petite échelle.
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