AGOA : Ramaphosa prépare l’Afrique du Sud à un possible recul de l’accès au marché américain
Cyril Ramaphosa demande à l’Afrique du Sud d’anticiper une éventuelle exclusion de l’AGOA. L’industrie automobile, fortement liée aux exportations vers les États-Unis, serait particulièrement...
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa appelle son pays à se préparer à une éventuelle perte de son accès préférentiel au marché américain dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Il invite également les autorités et les entreprises à rechercher des débouchés alternatifs afin de limiter les conséquences d’une possible exclusion.
Le chef de l’État a qualifié de « devastating », soit dévastatrices, les conséquences potentielles d’une telle décision. Il a toutefois appelé les Sud-Africains à ne pas céder à la panique, alors que l’avenir de l’éligibilité du pays au programme fait l’objet d’un examen à Washington.
Un accès commercial encore incertain
L’AGOA permet à certains pays africains répondant aux critères du programme d’exporter plusieurs produits vers les États-Unis sans droits de douane. L’Afrique du Sud en est le principal bénéficiaire, ce qui rend l’enjeu particulièrement important pour son économie.
Le Congrès américain a renouvelé le dispositif jusqu’à la fin de 2028. Cette prolongation n’est toutefois pas encore effective, puisqu’elle attend la signature du président américain Donald Trump. Parallèlement, l’éligibilité de l’Afrique du Sud reste examinée par les autorités américaines. Aucune exclusion définitive du pays n’est annoncée à ce stade.
Une éventuelle mesure prenant effet au 1er janvier devrait, selon les éléments disponibles, être annoncée avant le 2 novembre. La décision finale et son calendrier exacts ne sont pas encore connus.
L’automobile au cœur des inquiétudes
Le secteur automobile sud-africain figure parmi les activités les plus exposées. Les véhicules fabriqués en Afrique du Sud bénéficient actuellement d’un accès au marché américain en franchise de droits grâce à l’AGOA. La perte de cet avantage pourrait donc affecter les exportations des constructeurs et fragiliser leurs chaînes de sous-traitance.
Les estimations de l’industrie automobile font état d’environ 86 000 emplois directement liés à l’accord chez les constructeurs. En incluant les sous-traitants, le nombre atteindrait 125 000 emplois. Ces chiffres sont avancés par le secteur et n’ont pas été présentés comme faisant l’objet d’une vérification indépendante.
En demandant l’identification de marchés alternatifs, Cyril Ramaphosa cherche ainsi à réduire la dépendance de l’Afrique du Sud à l’accès préférentiel accordé par Washington. Cette stratégie est présentée comme une mesure de précaution face à une situation qui demeure incertaine.
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