Une nouvelle plateforme politico-militaire a été annoncée lundi à Goma, dans l’est de la République démocratique du Congo. Baptisée Front for the Refoundation of the Nation (FRN), elle place l’ancien président Joseph Kabila à sa tête et rassemble plusieurs figures associées à l’AFC/M23.
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Le mouvement se présente comme une coalition opposée au gouvernement de Kinshasa, dirigé par le président Félix Tshisekedi. Sa création intervient alors que les forces opposées au pouvoir congolais connaissent une recomposition.
Une direction largement issue de l’AFC/M23
La composition annoncée du FRN comprend notamment Corneille Nangaa et Bertrand Bisimwa, désignés vice-présidents. Tous deux sont présentés comme des dirigeants du M23. Sultani Makenga doit occuper le poste de chef d’état-major général.
Freddy Kaniki a été désigné secrétaire général, tandis que Benjamin Bonimpa devient secrétaire général adjoint. Moïse Nyarugabo figure également parmi les membres de la coalition.
Claude Ibalanky, conseiller du regroupement, a expliqué que le FRN avait pour objectif de rassembler et de coordonner les forces de résistance. Il a aussi indiqué que les signataires comptaient mutualiser leurs forces, leurs ressources et leurs moyens afin de mettre en place un cadre d’action destiné à libérer le pays.
Selon cette présentation, la plateforme entend mettre fin à ce qu’elle qualifie de tyrannie, y compris par le recours à la force, et proposer une nouvelle orientation pour la République démocratique du Congo.
Un message adressé à Félix Tshisekedi
Moïse Nyarugabo a directement interpellé le président Félix Tshisekedi. Il a affirmé que le chef de l’État devait choisir entre la paix et la guerre, ajoutant que la coalition se disait prête à répondre dans les deux scénarios.
Au moment de l’annonce, le gouvernement congolais n’avait pas encore réagi publiquement à la création du FRN.
Le rôle de Joseph Kabila évoqué par l’ONU
La mise en place de cette nouvelle structure intervient après la publication, en juin, d’un rapport du Groupe d’experts des Nations unies. Celui-ci évoquait la possibilité d’une restructuration de l’AFC/M23, avec notamment un changement de nom et un rôle dirigeant potentiel pour Joseph Kabila.
L’ancien président congolais avait été condamné à mort par contumace l’année précédente par un tribunal congolais. Les charges mentionnées comprenaient notamment la trahison et des crimes de guerre. Joseph Kabila avait rejeté tout lien avec le M23 et le Rwanda et dénoncé une procédure qu’il considérait comme un procès politique.
La création du FRN confirme, à ce stade, l’émergence d’un nouveau cadre politique et militaire autour de plusieurs responsables associés à l’AFC/M23. Elle ne permet toutefois pas d’établir que l’ensemble de cette structure a rejoint la nouvelle plateforme.
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