Soudan : al-Burhan écarte les négociations et promet de poursuivre l’offensive contre les FSR
Abdel Fattah al-Burhan affirme que l’armée soudanaise poursuivra les combats jusqu’au retrait des Forces de soutien rapide. Les violences auraient fait 10 morts dans le Kordofan occidental et déplacé...
Le chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah al-Burhan, a rejeté toute perspective de négociations avec les Forces de soutien rapide (FSR) et réaffirmé sa volonté de reprendre les zones contrôlées par le groupe paramilitaire. Il s’exprimait mardi lors d’un rassemblement à Village 5, dans la localité de Merowe, au nord du Soudan.
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Abdel Fattah al-Burhan a déclaré que « l’option militaire » se poursuivrait jusqu’à l’élimination des FSR du territoire soudanais. Il a également promis de récupérer « chaque pouce » des régions placées sous le contrôle de la force rivale.
Des combats signalés au Kordofan occidental
Cette déclaration intervient alors que la situation sécuritaire se dégrade dans plusieurs régions du pays. Le Comité d’urgence de Dar Hamar a rapporté qu’une attaque attribuée aux FSR avait tué 10 civils et blessé plusieurs autres personnes dans le village d’Abu Ajal, dans la campagne sud-est d’En Nahud, au Kordofan occidental.
Dans un communiqué, cette organisation locale a également accusé les FSR d’avoir commis plusieurs violations contre les populations civiles du village. Les faits rapportés et le bilan humain n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante. Le nombre exact de blessés n’a pas été précisé.
Le dispositif militaire évolue également dans cette partie du pays. Les FSR seraient en train de renforcer leur présence au Kordofan occidental, tandis que l’armée soudanaise progresserait vers En Nahud et Al Khuway après des gains enregistrés dans l’État voisin du Kordofan septentrional. Ces mouvements militaires sont rapportés sans confirmation indépendante.
Plus de 5 500 déplacés dans l’État du Nil Bleu
À l’est du pays, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a indiqué que plus de 5 500 personnes avaient fui des villages de l’État du Nil Bleu en l’espace de trois jours, sur fond de détérioration de la sécurité.
Ces nouvelles violences illustrent l’ampleur d’une guerre qui oppose l’armée soudanaise aux FSR depuis avril 2023. Le conflit a éclaté après un désaccord entre les dirigeants des deux forces au sujet du projet d’intégration des FSR dans l’armée nationale. Les Nations unies et des estimations internationales font état de dizaines de milliers de morts et d’environ 13 millions de personnes déplacées.
Washington appelle à une issue politique
La position d’al-Burhan contraste avec l’appel américain à une solution négociée. Massad Boulos, conseiller principal des États-Unis pour les affaires arabes et africaines, a estimé que les parties soudanaises devaient prendre la direction des discussions destinées à mettre fin à la guerre.
Il a défendu un dialogue national « inclusif, conduit et porté par les Soudanais », ainsi qu’une transition vers un gouvernement dirigé par des civils.
Le département d’État américain avait par ailleurs affirmé le mois précédent que ni les Forces armées soudanaises, ni les FSR, ni leurs dirigeants respectifs ne représentaient une gouvernance constitutionnelle légitime pour le Soudan. Malgré ces prises de position, al-Burhan continue de privilégier la reconquête militaire des territoires détenus par les FSR.
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