À Salé, le cinéma met les femmes au premier plan
Le festival du film de Salé a consacré sa 19e édition à la place des femmes dans le cinéma, entre compétition, reconnaissance des réalisateurs et ouverture au public arabophone.
La 19e édition du festival du film de Salé, au Maroc, a placé la question de la place des femmes dans le cinéma au centre de ses échanges et de sa programmation. Organisée sur une semaine à partir du 28 septembre, la manifestation a abordé les rôles confiés aux femmes, leur accès au financement ainsi que les opportunités qui leur sont proposées dans l’industrie cinématographique.
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Neuf longs métrages étaient en compétition dans la catégorie fiction. Les films présentés ont, pour la première fois dans l’histoire du festival, été accompagnés de sous-titres en arabe. Cette évolution a marqué l’une des nouveautés de cette édition, en facilitant l’accès aux œuvres projetées pour le public arabophone.
Une tradition consacrée aux femmes
Le festival avait commencé à mettre en avant les rôles des femmes marocaines dans l’industrie du cinéma 22 ans auparavant. Cette orientation a été maintenue presque chaque année, faisant de la manifestation un espace consacré à la visibilité des femmes et à la réflexion sur leur parcours professionnel.
L’actrice marocaine Bouchra Ahrich a estimé que le festival défendait les causes des femmes à la fois à travers les films programmés et par la présence de femmes au sein de l’événement. Son propos souligne la volonté de relier les œuvres présentées aux réalités vécues par celles qui travaillent dans le secteur.
Des échanges entre générations et entre cinéastes
Plusieurs cinéastes ont reçu un trophée en reconnaissance de leur travail. Mohammed Abderrahman Tazi est devenu le premier réalisateur masculin récompensé par le festival de Salé. Son parcours dans le cinéma s’étend sur plus de six décennies et son travail a été reconnu au niveau local comme international.
Après la remise de sa distinction, le réalisateur a défendu la nécessité de représenter la situation des femmes au Maroc. Il a également salué le dialogue instauré entre les cinéastes hommes et femmes, plutôt qu’un fonctionnement séparé entre les deux groupes.
Pour Baro Orokiatou, scénariste et cinéaste présentée comme originaire de Burnikabe, le festival permet d’explorer les films réalisés par des femmes et d’en apprécier la dimension artistique. Elle y voit aussi une occasion de repérer de nouvelles œuvres susceptibles d’être programmées dans de futurs festivals africains, notamment le Panafrican Film and Television Festival of Ouagadougou.
Une manifestation suivie par le public
La semaine du festival a également été marquée par l’animation du tapis rouge. Des spectateurs ont attendu l’arrivée des vedettes, tandis que certains invités posaient pour des photos et échangeaient des selfies avec leurs fans.
Entre compétition de fiction, remise de trophées et discussions sur la représentation des femmes, cette édition a ainsi associé visibilité artistique et débat sur les conditions de leur présence dans le cinéma.
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