L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo a franchi le seuil des 4 000 décès. Les données publiées par le gouvernement font état de 4 018 morts et de 8 300 cas confirmés répartis dans sept provinces.
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Cette flambée est présentée comme la plus importante et la plus meurtrière jamais enregistrée en RDC, après avoir dépassé l’épidémie de 2018-2020. Elle constitue la 17e épidémie d’Ebola recensée dans le pays.
Un centre de transit incendié près de Bunia
La réponse sanitaire a été davantage fragilisée par l’incendie d’un camp touché par Ebola, situé dans les environs de Bunia, capitale de la province de l’Ituri. Le site abritait notamment un centre de transit destiné aux patients infectés.
Selon les Nations unies, le camp a été incendié par des soldats qui recherchaient des armes. L’incident, survenu plus tôt dans la semaine, a contraint 19 000 personnes à fuir. L’ONU a averti que la destruction de cette infrastructure rendait encore plus difficile l’objectif de stopper la propagation du virus.
Les difficultés ne sont pas seulement liées aux capacités médicales. Dans l’est de la RDC, la faiblesse des infrastructures, l’éloignement de nombreuses zones et les conflits avec des groupes armés près des frontières du Soudan du Sud, de l’Ouganda et du Rwanda compliquent l’accès des équipes de santé. La méfiance et la colère d’une partie de la population envers les autorités et les travailleurs sanitaires constituent également un obstacle majeur.
Des violences contre la sensibilisation
Le climat de tension a aussi touché les acteurs engagés dans l’information des communautés. Marie-Celestin Karondwa, responsable local de l’Union pour la démocratie et le progrès social, a été battu à mort après avoir participé à une émission de radio consacrée à la sensibilisation sur l’épidémie.
L’agression s’est produite à son domicile, à Butembo, dans la province du Nord-Kivu. Sa maison a ensuite été incendiée. Il est décédé à l’hôpital des suites de ses blessures. L’identité des auteurs de l’attaque et de l’incendie de son habitation n’est pas précisée.
Une baisse des cas à interpréter avec prudence
Plus de 2 000 patients se sont rétablis de la maladie. L’Africa Centres for Disease Control and Prevention a par ailleurs indiqué que le nombre de cas confirmés diminuait lors de sa dernière conférence de presse.
L’organisation a toutefois souligné que cette baisse pouvait être liée à une diminution réelle de la transmission, mais aussi à l’insécurité et aux difficultés rencontrées pour obtenir la coopération des communautés. Les chiffres doivent donc être interprétés avec prudence dans les zones où l’accès est limité.
L’épidémie est provoquée par la souche Bundibugyo du virus Ebola. Des traitements et des vaccins sont testés contre cette souche, mais aucun vaccin ni traitement n’est actuellement approuvé, selon les informations disponibles. L’Organisation mondiale de la santé estime que la crise est encore loin d’être terminée et qu’elle pourrait dépasser l’épidémie régionale d’Afrique de l’Ouest de 2014-2016, qui avait causé plus de 11 000 décès, principalement en Guinée, au Liberia et en Sierra Leone.
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