Les électeurs sud-africains se rendent aux urnes pour désigner leurs conseillers municipaux, à l’occasion d’un scrutin local marqué par le mécontentement concernant la dégradation des infrastructures et des services essentiels. Plus de 29 millions de personnes sont inscrites sur les listes électorales.
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Les bureaux de vote ouvrent à 7 heures et doivent fermer à 21 heures. Les résultats définitifs sont attendus dimanche. Les conseillers élus auront ensuite la responsabilité de choisir les maires et de constituer les administrations chargées de gérer les villes et les municipalités.
L’eau, l’électricité et les routes au cœur du vote
La campagne s’est déroulée dans un climat de frustration lié aux coupures ou aux difficultés d’approvisionnement en eau, à l’état des routes et des réseaux d’égouts, ainsi qu’à la dégradation générale des infrastructures. Le pays reste également confronté à des inégalités persistantes et à un taux de chômage supérieur à 30 %.
Pour Kingsley Makhubela, analyste politique et ancien diplomate, ces problèmes du quotidien pourraient peser davantage que les fidélités partisanes. Il évoque les « bread and butter issues », c’est-à-dire les préoccupations directement liées aux conditions de vie. « Les gens ne vont pas voter en fonction de leurs sentiments », a-t-il déclaré, en référence aux facteurs susceptibles d’influencer le scrutin.
La participation constitue un autre enjeu. Elle avait atteint 46 % lors des élections municipales de 2021. Lors du vote spécial organisé sur deux jours, 2,6 millions de personnes étaient autorisées à participer et 1,4 million ont effectivement voté, d’après la commission électorale.
L’ANC sous surveillance
L’African National Congress (ANC), associé à l’héritage de la lutte contre l’apartheid et à la figure de Nelson Mandela, est présenté comme le premier parti au niveau national dans les projections. Son soutien pourrait toutefois continuer de s’éroder.
Le parti était déjà passé sous la barre des 50 % aux municipales de 2021. En 2024, il avait obtenu un peu plus de 40 % des voix aux élections nationales et avait dû former un gouvernement d’unité avec neuf autres partis. Le scrutin municipal est donc observé comme un possible indicateur de l’humeur politique du pays avant les prochaines élections générales, prévues en 2029.
L’ANC doit par ailleurs choisir un nouveau dirigeant lors de sa conférence prévue en décembre 2027. Le résultat des municipales pourrait alimenter les débats internes sur l’avenir du parti et sur sa capacité à conserver son influence dans les collectivités locales.
Johannesburg et Durban très disputées
À Johannesburg, la Democratic Alliance (DA) cherche à prendre le contrôle de la municipalité en s’appuyant sur les défaillances des services publics. À Durban, le parti uMkhonto weSizwe (MK), dirigé par l’ancien président Jacob Zuma, représente un défi important pour les formations établies.
MK avait créé la surprise lors du scrutin national de 2024 en obtenant 14,5 % des suffrages et en se classant troisième au niveau national. Le parti avait notamment attiré une partie du soutien auparavant acquis à l’ANC. À Durban, Jacob Zuma a appelé ses partisans à « commencer par reprendre notre pays ici ».
Dans plusieurs grandes villes, aucun parti ne semble assuré d’obtenir une majorité absolue. De nouvelles négociations pourraient donc s’ouvrir après la publication des résultats afin de former des coalitions ou des administrations minoritaires. En février 2026, les coalitions ou les exécutifs minoritaires dirigeaient déjà 74 des 257 municipalités, selon le Mapungubwe Institute for Strategic Reflection.
Pour Kingsley Makhubela, cette fragmentation pourrait aussi favoriser une nouvelle culture de tolérance politique. Il estime que la multiplication des coalitions peut contribuer à faire évoluer un débat longtemps structuré par la confrontation entre « ennemis politiques ».
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