Les autorités renforcent leur action contre l’absentéisme scolaire à Conakry. Depuis lundi, des services de sécurité mobilisés à travers l’OPROJEM et le Service central effectuent des patrouilles dans les rues et les quartiers de la capitale pendant les heures de cours.
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Ces opérations ciblent les élèves trouvés hors des salles de classe, mais aussi les parents auxquels il est reproché de ne pas veiller à la fréquentation scolaire régulière de leurs enfants. Le nombre exact d’élèves interpellés depuis le début du dispositif n’a pas été communiqué.
Des parents déjà présentés devant la justice
Dr Cé Avis Gamy, procureur spécial près le Tribunal pour enfants de Conakry, a indiqué que plusieurs parents avaient déjà été poursuivis et jugés dans le cadre de cette démarche. D’après le magistrat, près d’une vingtaine de parents ont comparu la veille de son entretien, tandis qu’un nombre important de dossiers restait en cours de traitement.
Le procureur spécial explique que le lancement des opérations fait suite au constat d’enfants présents dans les rues alors qu’ils devraient se trouver en classe. Il affirme agir notamment sur la base de l’article 47 du Code de procédure pénale.
Les parents, les tuteurs et les personnes ayant la garde d’un enfant sont présentés comme responsables de veiller à son assiduité scolaire. Dr Cé Avis Gamy cite à ce titre l’article 956 du Code pénal et l’article 888 du Code de l’enfant. Il rappelle également que les règlements intérieurs des établissements encadrent les obligations des élèves, des enseignants et des responsables scolaires.
Des mesures possibles pour les élèves interpellés
Les élèves concernés pourraient eux aussi faire l’objet de mesures prévues par la loi. Le procureur spécial évoque notamment des travaux d’intérêt général, ainsi que des mesures éducatives ou de sûreté qui pourraient être décidées par le juge des enfants.
Parmi les exemples cités figurent le nettoyage des locaux de la Primature, de l’enceinte de la RTG, de l’établissement fréquenté par l’élève ou des latrines de son école. Ces mesures restent toutefois soumises à l’appréciation de l’autorité judiciaire et ne sont pas présentées comme automatiques.
Les sanctions potentielles ne se limiteraient pas aux élèves. Le procureur spécial estime que les parents et les encadreurs des établissements peuvent également être concernés, chacun devant répondre de ses responsabilités.
Un objectif affiché de présence en classe
Dr Cé Avis Gamy fixe comme objectif l’absence d’enfants dans les rues pendant les heures de cours. Il souhaite également qu’aucun élève ne soit occupé sur TikTok ou sur un autre réseau social durant ces horaires.
Selon les indications communiquées par le magistrat, les élèves devraient normalement être en classe dès 7 h 45, pour un début théorique des cours à 8 heures. Il déplore toutefois que certains enseignements ne commencent actuellement qu’entre 8 h 30 et 9 heures.
Les actions sur le terrain doivent se poursuivre. Le procureur spécial appelle les parents à renforcer la surveillance de leurs enfants et les responsables scolaires à assumer leurs obligations. Il recommande aussi d’éviter de mettre trop tôt à la disposition des enfants des téléphones Android dont l’utilisation non contrôlée pourrait nuire à leur éducation.
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