En Afrique, le coût de l’inférence au cœur de l’accès à l’IA
Oji Udezue, président d’Enzi, estime que la réduction du coût de l’inférence est essentielle pour favoriser l’adoption de l’intelligence artificielle en Afrique.
La capacité de l’Afrique à tirer pleinement parti de l’intelligence artificielle dépendra aussi du coût de son utilisation. Oji Udezue, président d’Enzi, a défendu cette position lors d’un échange à Lagos, en soulignant l’importance de réduire le prix de l’inférence pour les entreprises comme pour les particuliers.
L’inférence désigne le processus par lequel un modèle d’intelligence artificielle produit des réponses ou exécute des tâches. À la différence d’un accès ponctuel à un outil, son utilisation régulière génère des coûts répétés. Une entreprise doit ainsi payer chaque fois qu’un système répond à une demande de client ou accompagne un salarié dans son travail.
Pour Oji Udezue, cette dépense récurrente peut déterminer si une application reste limitée à quelques essais ou devient réellement utilisable au quotidien. Un service abordable pour des requêtes occasionnelles peut devenir trop coûteux lorsqu’il fonctionne pendant toute une journée de travail ou qu’il est sollicité par un grand nombre de clients.
Un enjeu d’accessibilité
Le responsable d’Enzi a notamment mis en avant l’écart entre les coûts d’utilisation des services d’IA et les revenus de nombreux Africains. Selon lui, la simple disponibilité d’un outil ne suffit pas si les utilisateurs ne peuvent pas s’en servir de manière régulière.
« The future of AI really goes through inference », a-t-il déclaré, résumant l’importance qu’il accorde à cette étape dans le développement des usages de l’IA. Il a également présenté comme objectif pour Enzi de rendre l’intelligence artificielle moins chère en Afrique et aux États-Unis.
Une baisse des coûts pourrait améliorer la viabilité commerciale de plusieurs applications, notamment celles utilisées fréquemment par les entreprises ou par un grand nombre de consommateurs. Elle pourrait aussi élargir l’accès aux développeurs africains et aux particuliers, sans toutefois constituer à elle seule une garantie d’adoption.
Des conditions techniques et locales à renforcer
Le coût de l’inférence s’inscrit dans un ensemble plus large de conditions nécessaires à l’implantation de l’IA sur le continent. Le rapport 2025 de la Banque mondiale consacré au renforcement des fondations de l’IA cite notamment la connectivité, les capacités de calcul, la disponibilité de données pertinentes pour les contextes locaux et les compétences numériques.
La pertinence des modèles représente également un enjeu. Les développeurs africains ont besoin de solutions capables de fonctionner dans les langues locales et de répondre aux situations concrètes des personnes qui les utilisent.
Dans cette perspective, Oji Udezue a insisté sur l’intérêt de démonstrations pratiques pour montrer ce que les développeurs peuvent réaliser. La réduction des coûts, l’amélioration des infrastructures et l’adaptation des outils aux réalités locales apparaissent ainsi comme des leviers complémentaires pour élargir l’usage de l’IA en Afrique.
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