Le projet de loi de finances rectificative consacré au secteur de l’Environnement a été présenté devant l’Assemblée nationale. Aboubacar Camara, ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, y représentait le ministre de l’Environnement et du Développement durable, alors en mission.
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Au cours des échanges, le ministre a exposé les priorités du secteur, les principaux défis à relever ainsi que les mécanismes nécessaires à la protection durable du patrimoine naturel guinéen. Il a notamment insisté sur le besoin d’accroître les ressources consacrées à l’environnement, dans un contexte marqué par la montée en puissance des investissements miniers, industriels et infrastructurels liés au programme Simandou 2040.
Des garanties pour les grands projets
Pour Aboubacar Camara, les projets de développement doivent intégrer la protection des ressources naturelles à toutes leurs étapes. La préservation des cours d’eau, des forêts, des terres agricoles et de la biodiversité devrait ainsi être prise en compte dès la conception des chantiers, pendant leur exécution et lors de leur suivi.
Cette exigence s’inscrit dans une volonté de concilier les investissements prévus avec la conservation du patrimoine naturel. Le ministre a défendu l’idée que les activités susceptibles d’avoir un impact sur l’environnement soient accompagnées de garanties solides, notamment pour la réhabilitation des sites exploités par certains opérateurs économiques.
Il a également évoqué la fermeture de la décharge de Dar es Salam, à Conakry, qu’il a qualifiée d’« avancée historique ». Selon son appréciation, ce site avait exposé les populations riveraines à des nuisances pendant plus de quarante ans, notamment à travers les émanations de gaz, les fumées toxiques et les odeurs.
Plusieurs mécanismes de financement proposés
Le ministre a estimé que les seules ressources budgétaires de l’État ne pouvaient couvrir l’ensemble des besoins liés à l’assainissement, à la conservation et à la restauration des écosystèmes. Il a donc défendu l’application du principe « pollueur-payeur », en présentant plusieurs pistes de financement environnemental.
Parmi les options évoquées figurent la mise en place de garanties financières pour réhabiliter les sites exploités, l’instauration de contributions sur les emballages et contenants fortement polluants, ainsi que l’affectation d’une partie de la rente minière à la restauration environnementale.
La relance du fonds fiduciaire destiné à la conservation de la biodiversité et la mobilisation des revenus issus de la finance carbone pour soutenir les programmes de reboisement ont également été citées. Ces propositions ont été présentées comme des pistes de financement, sans indication sur leur adoption ou leur inscription définitive dans le texte soumis aux députés.
« Il ne s’agit pas d’ajouter une taxe de plus, mais de faire participer à la réparation ceux qui dégradent notre maison commune », a déclaré Aboubacar Camara devant les parlementaires.
Les députés appellent à une application équitable
Les députés ont salué les progrès réalisés et réaffirmé leur volonté d’accompagner les réformes engagées. Ils ont toutefois insisté sur la nécessité d’appliquer les règles environnementales de manière équitable et durable.
Les élus ont notamment cité les constructions, la gestion des déchets et les pollutions récurrentes parmi les domaines nécessitant une mise en œuvre effective des normes. Ils ont aussi appelé à inscrire les politiques publiques dans une perspective de long terme, afin de préserver un cadre de vie sain pour les générations futures.
Au cours des échanges, les députés ont enfin rappelé les liens étroits entre la protection de l’environnement, l’assainissement, la gestion de l’eau et la santé publique.
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