L’Afrique du Sud veut renouer le dialogue avec les États-Unis. Son ambassadeur à Washington, Meyer, a estimé qu’une discussion directe entre les autorités des deux pays pourrait contribuer à désamorcer les tensions qui affectent leur relation bilatérale.
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Le diplomate s’exprimait lundi, en marge d’un événement organisé au Cap pour le lancement de ses mémoires politiques. Il a reconnu la gravité de la situation, jugeant que les relations avec Washington étaient actuellement « tendues » et « difficiles ». Selon lui, les deux gouvernements doivent désormais rechercher les moyens de sortir de cette impasse.
« Cela peut être réglé s’il existe un dialogue direct entre les autorités américaines et sud-africaines », a déclaré Meyer. Il a également dit espérer qu’une reprise des discussions puisse progressivement ouvrir la voie à un dialogue, puis à de véritables négociations.
Une relation fragilisée sur plusieurs fronts
Les désaccords entre Pretoria et Washington portent notamment sur la race, le commerce et la diplomatie. La situation s’est aggravée après plusieurs décisions prises par l’administration américaine, dont la suspension de l’aide à l’Afrique du Sud et l’imposition de droits de douane.
Le président américain Donald Trump a aussi boycotté le sommet du G20 organisé à Johannesburg en 2025. Le différend s’est prolongé dans le cadre des réunions du G20 aux États-Unis : Washington a refusé d’accréditer Pretoria, y compris pour le sommet prévu en décembre.
Sur le terrain diplomatique, Washington a par ailleurs annoncé, à la mi-septembre, des restrictions de visa visant des ressortissants sud-africains accusés de promouvoir la discrimination fondée sur la race, d’inciter à la violence ou de permettre des confiscations de terres sans indemnisation.
Le dossier des Afrikaners et les échanges commerciaux
Les tensions ont également été alimentées par les déclarations de Donald Trump concernant un prétendu « génocide » visant la minorité afrikaner. Ces affirmations sont décrites comme discréditées. Washington a ensuite lancé un programme destiné à réinstaller aux États-Unis des Afrikaners blancs affirmant avoir subi des persécutions en Afrique du Sud.
Sur le plan économique, Pretoria se prépare en outre à une possible exclusion de l’AGOA, le dispositif américain permettant à plusieurs pays africains d’exporter certains produits sans droits de douane. Ce mécanisme a été prolongé jusqu’en décembre 2028 et fait l’objet d’un réexamen annuel. À ce stade, aucune exclusion de l’Afrique du Sud n’est établie.
Un nouvel ambassadeur dans un contexte tendu
Meyer a été nommé ambassadeur à Washington en avril, près d’un an après l’expulsion du précédent représentant sud-africain, dont l’identité n’a pas été précisée. Avant d’occuper ce poste, il avait été le principal négociateur du gouvernement sud-africain blanc lors des discussions qui ont conduit à la fin de l’apartheid.
Fort de cette expérience dans la négociation politique, le diplomate défend une reprise des contacts entre les deux capitales. Il a insisté sur l’importance de préserver de bonnes relations avec les États-Unis, malgré les différends actuels.
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