Le projet de budget révisé du Sénégal doit retourner devant le comité des finances de l’Assemblée nationale. Cette nouvelle étape intervient après une demande formulée mardi par le ministre des Finances, Cheikh Diba, alors que le texte avait été rejeté par Pastef, le parti qui dispose d’une large majorité au Parlement.
Table Of Content
Le président de l’Assemblée nationale et dirigeant de Pastef, Ousmane Sonko, a accepté la demande de réexamen. Il a indiqué qu’il travaillerait à fixer les dates des travaux de la commission ainsi que celles de la prochaine séance plénière. Aucun calendrier précis n’a toutefois été communiqué.
Un passage jugé déterminant pour le dossier FMI
À Dakar, le traitement de ce budget est suivi de près en raison de ses implications pour les discussions avec le Fonds monétaire international. Le Sénégal espère conclure avec l’institution un programme de financement prévu sur 36 mois, pour un montant de 2,2 milliards de dollars.
Le réexamen parlementaire est présenté comme crucial pour faire avancer cette démarche. Tout retard pourrait fragiliser la demande de soutien financier du pays auprès du FMI, alors que le nouveau programme n’est pas encore conclu.
En demandant une nouvelle lecture du texte, Cheikh Diba a mis en avant la nécessité de préserver le fonctionnement des institutions. Il a appelé à faire preuve de « responsabilité, de discernement et de hauteur de vue » dans les relations institutionnelles, avec l’objectif de parvenir à une issue constructive et d’éviter que les désaccords ne conduisent à un blocage.
Le gouvernement appelle au dialogue
Cette initiative intervient après un appel lancé lundi par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed. Celui-ci a demandé à l’opposition de ne pas paralyser le pays en bloquant le budget révisé. « On ne peut pas mettre un pays à l’arrêt », a-t-il déclaré, tout en appelant Pastef à renouer avec le dialogue.
Ousmane Sonko a, de son côté, affirmé que les députés devaient voter dans le calme et avec clarté. La décision de réexaminer le projet ouvre ainsi une nouvelle séquence dans le débat budgétaire, sans garantir à ce stade l’adoption définitive du texte.
Une situation financière sous pression
Le débat intervient dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. Le FMI estime que la dette du Sénégal représentait 132 % du produit intérieur brut à la fin de 2024. Cette situation est liée à la découverte de plusieurs milliards de dollars d’emprunts sous-déclarés par l’administration précédente.
Le gouvernement cherche à stabiliser les finances publiques au moment où le pays fait également face à des tensions sociales. Le chômage élevé des jeunes et la crise du coût de la vie ont contribué à un climat de mécontentement, marqué par une grève générale de trois jours la semaine précédente.
La fixation des prochaines dates parlementaires constituera donc une étape importante, à la fois pour la procédure budgétaire nationale et pour la poursuite des échanges entre Dakar et le FMI.
Aucun commentaire ! Soyez le premier à commenter.