Le tribunal de première instance de Dixinn a condamné, lundi 19 octobre 2026, Maurice Guilavogui à une amende de 50 000 francs guinéens dans une affaire de commercialisation de chicha. Manager d’un lounge-bar, le prévenu comparaissait libre et contestait les faits qui lui étaient reprochés.
Avant l’ouverture des débats, la juridiction a examiné la recevabilité de la procédure. Cette question avait déjà conduit au renvoi préalable de l’affaire, la défense ayant notamment soulevé une difficulté potentielle liée au casier judiciaire. Le tribunal a ensuite décidé d’ouvrir les débats.
Le prévenu conteste son implication
À la barre, Maurice Guilavogui a expliqué que ses fonctions se limitaient à la gestion de l’établissement, à l’accueil des clients et à la promotion du lieu. « Lorsque les clients viennent, je les accueille, je fais la promo de l’endroit », a-t-il déclaré.
Il a également affirmé qu’il ne se trouvait pas dans le lounge-bar lorsque les forces de l’ordre sont intervenues au sujet de la chicha. D’après son récit, il était rentré chez lui après avoir installé des clients venus célébrer un anniversaire. Il dit avoir été alerté vers 3 heures du matin de l’intervention dans l’établissement.
Maurice Guilavogui a soutenu avoir demandé que les objets éventuellement saisis soient consignés par écrit et qu’il puisse échanger avec le responsable de l’intervention. Il affirme qu’un agent lui aurait reproché de fournir de la chicha aux clients et lui aurait demandé de payer 5 millions. Cette version, comme ses autres déclarations sur l’intervention, relève de ses affirmations à l’audience.
Il a ajouté avoir tenté de joindre le propriétaire du lounge-bar, qu’il a présenté comme se trouvant en Belgique. Il a aussi indiqué s’être rendu au commissariat à 9 heures après avoir échangé avec l’agent pendant plusieurs heures. Dans sa défense personnelle, il a demandé au tribunal de tenir compte de sa situation, déclarant : « Je vous demande humblement de voir mon cas, puisque je suis appelé à servir le pays ».
Des positions opposées à l’audience
Le ministère public a estimé que le prévenu devait être tenu responsable de la commercialisation de la chicha. Il a requis une amende de 50 000 francs guinéens, correspondant à l’amende de première classe évoquée dans ses réquisitions.
La défense a, pour sa part, contesté l’existence d’éléments suffisants pour établir l’infraction. Elle a soutenu qu’il n’était pas démontré que Maurice Guilavogui avait vendu ou acheté quoi que ce soit, et que la chicha n’avait pas été retrouvée entre ses mains.
Son conseil a également invoqué l’absence d’élément matériel et d’élément moral, avant de demander la relaxe du prévenu. « Nous vous prions de le renvoyer des fins de la poursuite pour les faits dont il est poursuivi », a plaidé la défense.
À l’issue des débats, le tribunal de première instance de Dixinn a néanmoins déclaré Maurice Guilavogui coupable des faits poursuivis et l’a condamné à 50 000 francs guinéens d’amende.
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