Le Soudan du Sud fait face à une aggravation de sa situation humanitaire. La diminution des financements et la baisse rapide des stocks alimentaires menacent l’accès à l’aide pour les réfugiés, les personnes déplacées, les personnes de retour et les communautés d’accueil.
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Le Programme alimentaire mondial (PAM) estime que plus d’un million de personnes vulnérables pourraient perdre l’accès à une assistance alimentaire et nutritionnelle vitale à l’échéance annoncée d’octobre si des ressources supplémentaires ne sont pas disponibles. L’organisation a déjà réduit ses rations et son soutien en raison du manque de financements.
Des stocks presque épuisés à Malakal
À Malakal, dans l’État du Nil Supérieur, les réserves alimentaires sont passées de 10 000 tonnes métriques à la même période l’année précédente à moins de 300 tonnes au moment décrit par le PAM. Cette baisse intervient alors que les arrivées depuis le Soudan se poursuivent.
Près de 3 000 réfugiés et personnes de retour franchissent chaque semaine la frontière vers le Soudan du Sud. Depuis le début de la guerre au Soudan, en 2023, plus de 1,4 million de personnes ont rejoint le pays, selon le PAM.
Renk, située près de la frontière, constitue l’un des principaux points d’entrée. Ses centres de transit n’étaient pas prévus pour accueillir un tel volume d’arrivées. Certaines familles y restent plusieurs mois dans l’attente de leur transfert vers Malakal ou d’autres régions.
Parmi les nouveaux arrivants figure Zainab Musa, mère de six enfants. Elle a expliqué s’être rendue au centre de transit après son passage par Jodha, à la frontière, dans l’espoir d’obtenir de l’aide. Elle décrit une situation marquée par la faim et l’absence de ressources.
Des besoins qui s’accumulent
Matthew Hollingworth, directeur exécutif adjoint du PAM, a visité Renk, Malakal et le comté de Pigi au cours du mois de publication. Il y a observé les effets combinés du conflit, des déplacements, de la sécheresse, des inondations et de la faim.
Il a également souligné que la guerre au Soudan avait fait grimper les prix dans le nord du Soudan du Sud, notamment en raison des difficultés d’importation. L’arrivée continue de réfugiés exerce une pression supplémentaire sur un pays déjà fortement sollicité. Des postes de contrôle illégaux compliquent par ailleurs l’accès des organisations humanitaires à certaines populations vulnérables.
À Pigi, dans l’État de Jonglei, Peter Maker, une personne déplacée, affirme que l’insécurité et l’arrivée de personnes venues d’autres zones empêchent certains habitants de cultiver leurs terres ou de chercher un emploi. Il dit dépendre largement de l’aide, malgré sa capacité et ses qualifications pour travailler.
L’ancien site de protection des civils de Malakal, devenu plus tôt dans l’année un établissement pour personnes déplacées internes, accueille près de 40 000 personnes réparties dans plus de 6 000 ménages. Les familles qui y vivent sont confrontées à la dépendance alimentaire et à des besoins persistants en services essentiels.
Des déficits de financement importants
L’Organisation internationale pour les migrations avertit que les services d’eau, d’assainissement et d’hygiène à Bentiu et Malakal sont menacés par les déficits de financement. À Malakal, l’absence de pompage du drainage et d’entretien des digues pourrait aussi accroître le risque d’inondation pendant la saison des pluies.
Le PAM fait état d’un déficit immédiat de 86 millions de dollars et d’un manque de 416 millions de dollars pour les six prochains mois. Sa réponse d’urgence au Soudan du Sud présente également un déficit de 258 millions de dollars pour le reste de 2026.
Selon le PAM, 7,8 millions de personnes, soit plus de la moitié de la population du pays, sont confrontées à des niveaux élevés de pénurie alimentaire aiguë. Quelque 2,2 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë.
En août, le PAM et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés avaient déjà averti que plus de 650 000 réfugiés et demandeurs d’asile risquaient de perdre l’aide alimentaire. L’assistance destinée aux 240 000 réfugiés les plus vulnérables devait, elle aussi, s’épuiser en septembre sans financement supplémentaire.
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