Aliou Bah, dirigeant du Mouvement démocratique libéral (Model), a été libéré après avoir bénéficié d’une grâce accordée par Mamadi Doumbouya. L’opposant guinéen faisait partie des 217 prisonniers concernés par un décret pris à l’occasion de la fête de l’indépendance.
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Le décret a été lu à la télévision d’État par Amara Camara, secrétaire général de la présidence. La mesure annoncée vendredi a entraîné la libération de Bah, détenu depuis décembre 2024 et condamné à deux ans de prison.
Une condamnation liée à ses déclarations
Aliou Bah avait été reconnu coupable d’« offense et d’insulte » envers le chef de l’État. La procédure faisait suite à des déclarations dans lesquelles il appelait les responsables religieux guinéens à « briser leur silence » sur la situation politique du pays.
Le responsable du Model avait également qualifié d’« incompétent » le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), l’organe dirigeant issu de la prise de pouvoir militaire de septembre 2021.
Une cour d’appel a confirmé sa condamnation en mai 2025. Les procureurs avaient requis une peine de cinq ans d’emprisonnement, soit plus du double de la peine finalement prononcée.
La justice régionale avait demandé sa libération
L’affaire d’Aliou Bah avait également été portée devant la Cour de justice de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Dans une lettre datée du 25 septembre, la juridiction régionale avait demandé à la Cour suprême de Guinée d’ordonner sa libération immédiate et sans condition.
Le décret de grâce intervient alors que le calendrier exact de la mise en œuvre de cette demande judiciaire régionale n’est pas précisé. Les informations disponibles ne permettent pas non plus d’établir si les 217 détenus concernés ont tous été libérés au même moment.
Un contexte politique tendu
Mamadi Doumbouya avait pris le pouvoir en septembre 2021 après avoir renversé Alpha Condé, présenté comme le premier dirigeant démocratiquement élu de la Guinée. Il a ensuite renforcé son emprise sur le pouvoir après sa victoire à l’élection présidentielle de décembre 2025, à laquelle aucun grand candidat de l’opposition n’a participé.
Des organisations de défense des droits humains et des opposants accusent les autorités militaires de réduire l’espace accordé à la contestation. Ces acteurs évoquent notamment la dissolution de plusieurs partis importants, l’interdiction ou la dispersion de manifestations par les forces de sécurité, ainsi que des arrestations, des condamnations, des départs en exil et des disparitions de détracteurs du pouvoir.
La libération d’Aliou Bah marque ainsi un développement important dans le dossier d’une des principales figures de l’opposition guinéenne, alors que les autorités sont confrontées à des critiques persistantes sur les libertés politiques.
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