Le SNE alerte sur les difficultés des enseignantes et appelle à des mesures urgentes
Le Syndicat national de l’éducation demande notamment une hausse du budget de l’enseignement public, la revalorisation des salaires et une meilleure protection des enseignantes contre les violences...
À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée chaque 5 octobre, le Syndicat national de l’éducation (SNE) a attiré l’attention sur les difficultés professionnelles et sociales auxquelles les enseignantes sont confrontées. Dans une déclaration lue par sa présidente, Salamata Bah, l’organisation syndicale a également présenté une série de recommandations destinées à l’État, au ministère de l’Éducation nationale et aux organisations syndicales du secteur.
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Des difficultés professionnelles et sociales persistantes
Le SNE relève d’abord une faible présence des femmes dans les instances de prise de décision. Le syndicat dénonce aussi des situations de harcèlement en milieu professionnel, des violences sexuelles et sexistes ainsi que les difficultés liées à la conciliation entre la vie professionnelle et la vie privée.
Selon l’organisation, l’éloignement de certaines enseignantes de leur foyer conjugal, lorsqu’elles sont affectées pour des raisons de service, accentue cette difficulté. À ces contraintes s’ajoutent l’insuffisance des salaires, le poids de charges non rémunérées et un accès jugé inéquitable aux primes d’incitation.
La déclaration met également en avant les insuffisances des infrastructures scolaires. Dans certains établissements, les installations sanitaires adaptées aux femmes sont absentes ou insuffisantes. Le SNE estime par ailleurs que les besoins liés à la maternité et à la période post-partum ne sont pas suffisamment pris en compte.
Un appel à renforcer les moyens de l’enseignement public
Pour répondre à ces difficultés, le syndicat appelle l’État et le ministère de l’Éducation nationale à accroître d’urgence le budget consacré à l’enseignement public. Cette augmentation doit, selon le SNE, contribuer à une éducation inclusive accordant une attention particulière aux filles et aux femmes.
L’organisation recommande également la revalorisation des salaires et la création d’emplois stables. Ces mesures sont présentées comme nécessaires pour améliorer les conditions de travail, réduire la pénurie de personnel et favoriser l’équité entre les sexes.
Le SNE préconise en outre une politique d’équité dans les nominations administratives et pédagogiques. Il estime que les politiques d’austérité peuvent limiter l’accès des femmes à un emploi décent et alourdir leurs charges domestiques.
Des mesures pour la protection et le leadership féminin
Sur le plan des conditions de travail, le syndicat demande l’installation de toilettes sécurisées et séparées dans les établissements scolaires. Il réclame aussi le respect strict des congés de maternité ainsi que l’aménagement d’espaces dédiés à l’allaitement.
Pour mieux protéger le personnel, le SNE appelle à renforcer la lutte contre les violences et le harcèlement fondés sur le genre. Il demande notamment la ratification et l’application rigoureuse de la Convention n°190 de l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Les organisations syndicales de l’éducation sont, elles aussi, invitées à agir. Le SNE recommande une représentation effective des femmes à tous les niveaux de décision, ainsi que l’élaboration de plans d’action et de programmes de mentorat et de formation destinés à renforcer le leadership féminin.
Salamata Bah a enfin encouragé ses consœurs à poursuivre leur engagement dans la construction de l’avenir au sein des salles de classe. Elle a également salué l’engagement des hommes qui œuvrent, selon elle, aux côtés des femmes.
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