La situation liée à la maladie à virus Ebola s’est étendue à un nouveau pays africain. Le Nigeria a annoncé mardi un cas importé chez une femme diplomate qui avait voyagé en Ouganda. Le cas est associé à la souche Bundibugyo, déjà liée à l’épidémie en cours en République démocratique du Congo (RDC).
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Lors d’un briefing en ligne tenu jeudi, Mohamed Janabi, directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, a estimé que cette détection rendait le contexte épidémique plus complexe. Le Nigeria devient ainsi le quatrième pays africain concerné par l’épidémie, selon les éléments communiqués.
Une souche distincte du virus Ebola
La souche Bundibugyo présente un enjeu particulier pour la réponse sanitaire. Aucun vaccin ni traitement homologué n’est disponible contre cette souche, tandis que le vaccin Ervebo a été approuvé pour la souche Zaïre. Les chercheurs tentent donc de déterminer si ce vaccin peut également offrir une protection contre le Bundibugyo.
Un essai est actuellement mené dans l’est de la RDC pour évaluer cette possibilité. L’OMS avait indiqué en août que 70 000 doses d’Ervebo avaient été approuvées pour une utilisation dans le pays. Parmi elles, 50 000 étaient destinées aux personnels de santé et aux travailleurs de première ligne, tandis que 20 000 devaient servir à l’essai clinique consacré à la protection contre la souche Bundibugyo.
La RDC au centre de l’épidémie
La République démocratique du Congo fait face à l’épisode le plus meurtrier de son histoire en matière d’Ebola, d’après les autorités sanitaires citées dans le bilan disponible. Depuis la mi-mai, le pays a enregistré plus de 9 000 cas confirmés et 4 381 décès.
La propagation signalée dans plusieurs espaces d’Afrique de l’Ouest et de l’Est ajoute une dimension régionale à la crise. Le Kenya, en Afrique de l’Est, avait rapporté neuf cas depuis le 6 octobre. L’annonce nigériane vient ainsi élargir la portée géographique de l’épidémie au-delà de son principal foyer congolais.
Le cas détecté au Nigeria concerne une diplomate dont l’historique de déplacement comprend un séjour en Ouganda. Les informations disponibles ne précisent pas son identité. Elles établissent toutefois le caractère importé du cas annoncé par les autorités nigérianes.
Une vigilance renforcée en Afrique
Le Nigeria dispose d’une expérience antérieure dans la gestion d’Ebola. Lors de la vaste flambée qui avait touché plusieurs pays de la région en 2014, le pays était parvenu à contenir la maladie, une réponse qui avait renforcé la confiance dans sa capacité à faire face à de nouvelles menaces sanitaires.
Cette nouvelle détection intervient alors que l’efficacité d’Ervebo contre le Bundibugyo n’est pas encore établie. Les résultats de l’essai conduit dans l’est de la RDC seront donc déterminants pour préciser les outils disponibles face à cette souche et pour orienter la réponse dans les pays concernés.
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