La représentante démocrate du Minnesota Ilhan Omar a annoncé son intention de quitter son domicile de Washington, DC, après une perquisition menée par des agents fédéraux. L’élue américaine affirme que l’intervention a affecté son sentiment de sécurité, alors qu’une enquête pénale fédérale est en cours sur des allégations liées à la fraude à l’immigration.
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Une perquisition au petit matin
Ilhan Omar s’est exprimée pour la première fois sur l’opération lors d’un entretien accordé mercredi. Elle a expliqué que les enquêteurs étaient arrivés vers 6 heures du matin et avaient fouillé son domicile pendant quatre ou cinq heures.
D’après son récit, 17 objets ont été saisis, parmi lesquels des téléphones, des carnets, un livre pour enfants en langue somalie ainsi qu’un ancien appareil photo offert à son mari. Elle a décrit les agents comme « intrusifs mais courtois ».
Le Department of Justice a de son côté présenté le mandat comme un mandat de perquisition autorisé par un juge. Le ministère a également indiqué que l’opération s’inscrivait dans une enquête pénale fédérale en cours.
Omar rejette les accusations
Ilhan Omar nie toute faute. Elle a déclaré être convaincue de n’avoir rien fait de répréhensible et accuse l’administration américaine de chercher à l’intimider pour des raisons politiques.
Les éventuelles suites judiciaires évoquées autour de l’enquête ne constituent pas, à ce stade, des accusations officiellement déposées dans les éléments disponibles. Les allégations concernant ses documents d’immigration ne sont pas non plus établies indépendamment.
Née en Somalie, Ilhan Omar est devenue citoyenne américaine par naturalisation. Elle est arrivée aux États-Unis avec sa famille à l’âge de 12 ans après l’obtention de l’asile, puis a obtenu la nationalité américaine cinq ans plus tard, en 2000.
Un contexte politique tendu
La perquisition a provoqué de vives réactions parmi les élus démocrates du Congrès, qui ont également mis en cause le moment choisi. L’opération est intervenue quelques semaines avant les élections de mi-mandat du 3 novembre, au cours desquelles doivent se jouer le contrôle de la Chambre des représentants et du Sénat.
Le Department of Justice a historiquement évité les actions d’enquête manifestes visant des candidats dans la période précédant immédiatement un scrutin. Ce contexte alimente les critiques de parlementaires démocrates à l’égard de l’intervention.
Omar, démocrate progressiste et critique régulière de Donald Trump, est candidate à sa réélection dans une circonscription de Minneapolis considérée comme fortement démocrate. Elle devrait, d’après les éléments disponibles, conserver son siège.
La représentante fait depuis plusieurs années l’objet de théories complotistes de la droite américaine sur son statut d’immigration, notamment d’une accusation selon laquelle elle aurait épousé son frère. Elle a rejeté ces affirmations, qu’elle qualifie de « mensonges répugnants ».
Pour l’élue, la perquisition a donc des conséquences à la fois personnelles et politiques. Elle dit ne plus se sentir suffisamment en sécurité dans son logement de Washington et prévoit de déménager, tout en continuant à nier les faits qui lui sont reprochés.
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