Litige AFRICOF : Ecobank Guinée saisit la CRIEF et conteste les procédures de recouvrement
Ecobank Guinée conteste les procédures engagées par Maître Halimé Saad Chalhoub dans le dossier AFRICOF. La banque s’est constituée partie civile devant la CRIEF et demande réparation du préjudice...
Ecobank Guinée SA a annoncé avoir saisi la justice pénale dans le litige financier qui l’oppose à Maître Halimé Saad Chalhoub autour d’AFRICOF. Dans un communiqué publié le 18 octobre 2026, l’établissement indique s’être constitué partie civile devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
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La banque conteste plusieurs démarches judiciaires et mesures d’exécution qu’elle estime dépourvues de fondement. Elle demande également la réparation intégrale du préjudice qu’elle affirme avoir subi, tout en assurant que ses activités se poursuivent normalement.
Un arrêt de 2001 au cœur du différend
Ecobank fonde notamment sa position sur l’arrêt n°179 rendu le 5 juillet 2001 par la Cour d’appel de Conakry. Selon la présentation faite par la banque, cette décision avait établi des créances réciproques entre AFRICOF et Maître Halimé Saad Chalhoub.
AFRICOF devait, d’après Ecobank, 634 000 dollars à Maître Chalhoub, tandis que cette dernière devait 1 433 031 627 francs guinéens à la société. Après compensation, la Cour d’appel aurait condamné Maître Chalhoub à verser un solde de 495 979 627 francs guinéens à AFRICOF.
La banque soutient également que cet arrêt avait privé d’effet l’ordonnance d’injonction de payer n°485 du 22 octobre 1999, sur laquelle se seraient appuyées des procédures ultérieures.
La saisie de 2018 contestée
Le 10 avril 2018, une saisie-attribution aurait été pratiquée entre les mains de quinze banques sur la base de l’ordonnance de 1999. Ecobank affirme que cette mesure ne pouvait être valablement engagée, notamment parce qu’AFRICOF avait été placée en liquidation des biens en 2012.
L’établissement ajoute que les comptes d’AFRICOF ouverts dans ses livres avaient été clôturés le 22 août 2014, avec un solde nul. Il soutient aussi que la créance n’aurait pas été déclarée auprès du syndic de liquidation.
Ecobank affirme par ailleurs que le procès-verbal de saisie avait été remis par un clerc non assermenté et comportait une mention inexacte concernant un prétendu refus de déclaration. Le tribunal de première instance de Kaloum aurait annulé ce procès-verbal dans son jugement n°157 du 29 novembre 2018.
Des condamnations financières contestées
Malgré ces contestations, la banque indique que des procédures ultérieures ont abouti à sa condamnation au paiement de 4 602 988 dollars et de 399 947 836 francs guinéens. Elle cite notamment l’arrêt n°190 de 2023 de la Cour d’appel de Conakry ainsi que l’arrêt n°249/2025 de la Cour commune de justice et d’arbitrage.
En mai 2026, Maître Halimé Saad Chalhoub aurait engagé de nouvelles mesures d’exécution forcée, comprenant un commandement de payer et une saisie auprès d’Orange Finance Mobile Guinée SA, selon Ecobank.
La banque estime que les faits qu’elle dénonce pourraient caractériser une escroquerie visant un enrichissement illicite. Elle indique que Maître Halimé Saad Chalhoub est poursuivie devant la CRIEF et dit compter sur cette juridiction pour examiner le dossier de manière indépendante.
Ecobank assure enfin sa clientèle et ses partenaires de la continuité de ses opérations en Guinée et réaffirme son engagement à respecter la loi.
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