Les députés de l’Assemblée nationale ont adopté, le 17 octobre 2026, une convention de financement de 300 millions d’euros consacrée au projet de construction et de bitumage de la route nationale Labé-Tougué et de la bretelle Banti-Koubia. Le programme comprend également un ouvrage de franchissement sur le fleuve Bafing.
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La séance était présidée par Dr Dansa Kourouma, président de l’institution. Le rapport de la Commission des Affaires économiques et financières, du Plan et de la Coopération a été présenté par son rapporteur général, N’Gouamou Fabara Koné.
Plus de 160 kilomètres de routes et un pont
Selon les éléments présentés aux députés, le chantier porte sur 148,860 kilomètres de la route nationale reliant Labé à Tougué et sur 11,443 kilomètres pour la bretelle Banti-Koubia. Il prévoit aussi la construction d’un pont de 200 mètres linéaires sur le fleuve Bafing.
Le délai d’exécution annoncé est de 36 mois. La réalisation doit être confiée à la Compagnie Sahélienne d’Entreprise (CSE), dans le cadre d’un contrat EPCF couvrant la conception, l’exécution des travaux et la mobilisation du financement.
Le coût global estimé du projet s’élève à 289,55 millions d’euros, tandis que la facilité approuvée atteint 300 millions d’euros, frais de transaction compris. Le budget prévisionnel inclut notamment 223,09 millions d’euros pour les travaux routiers, 14,58 millions pour le pont, 6,488 millions pour le contrôle et la supervision, ainsi que 6,034 millions destinés à l’appui institutionnel.
Le financement prévoit également 3,512 millions d’euros pour les mesures sociales et environnementales, 11,93 millions pour des aménagements connexes et 23,917 millions pour les aléas et la révision des prix. Les aménagements connexes comprennent notamment un poste de péage à huit voies et la voirie urbaine de Kollet.
Un financement réparti entre plusieurs établissements
La convention, signée le 20 juillet 2026 entre la République de Guinée et plusieurs institutions financières internationales, repose sur deux lignes de crédit. La ligne conventionnelle comprend une contribution de 50 millions d’euros de Bank of Africa United Kingdom et de 30 millions d’AL AHLI Bank of Kuwait – DIFC.
La ligne de crédit islamique est alimentée par Africa Finance Corporation à hauteur de 100 millions d’euros, First Abu Dhabi Bank pour 75 millions, Bank of Africa – Banque Offshore pour 25 millions et ABC Islamic Bank pour 20 millions.
La convention prévoit une marge financière de 4,15 % par an au-dessus de l’Euribor à six mois pour les facilités conventionnelle et islamique, ainsi qu’une commission d’arrangement forfaitaire de 1,35 %. La maturité du financement est fixée à sept ans à compter de la première utilisation des fonds, avec un différé de 24 mois, puis un remboursement en 11 échéances semestrielles. La période de disponibilité des fonds est également établie à 36 mois.
Un corridor entre la Moyenne-Guinée et la Haute-Guinée
Dans son rapport, la commission présente les axes concernés comme des corridors stratégiques reliant la Moyenne-Guinée à la Haute-Guinée et desservant notamment Labé, Tougué, Koubia, Dinguiraye et Siguiri.
Elle estime que la dégradation avancée des routes constitue un obstacle au développement économique et social des localités traversées et complique l’évacuation des productions agricoles et pastorales. La réalisation du projet devrait, selon le rapport, contribuer au désenclavement des zones concernées, à la mobilité des populations, à la dynamisation des échanges et à l’accès aux services sociaux de base.
Le projet s’inscrit par ailleurs dans la dynamique de Simandou 2040, notamment dans son troisième pilier consacré aux infrastructures, aux transports et à la technologie. Le prêt doit bénéficier d’une assurance IEC couvrant au moins 95 % des risques politiques et commerciaux.
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