Refondation en Guinée : Oumar Kateb Yacine met l’accent sur Simandou et la transformation locale
Oumar Kateb Yacine présente la refondation comme un processus de reconstruction de l’État et de transformation économique. Il souligne le rôle de Simandou, de l’agriculture et de la transformation...
Cinq ans après le 5 septembre 2021, la refondation de l’État guinéen est présentée comme un chantier de reconstruction administrative, de renforcement de la souveraineté nationale et de préparation d’un développement durable. Dans un entretien, le journaliste et analyste géopolitique Oumar Kateb Yacine revient sur les acquis revendiqués, les projets structurants et les difficultés qui demeurent.
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« La refondation engagée le 5 septembre 2021 répond à une ambition fondamentale : celle de reconstruire l’État pour le rendre plus efficace, renforcer la souveraineté nationale et créer les conditions d’un développement durable », explique-t-il.
Des réformes administratives et des infrastructures mises en avant
Parmi les mesures citées figurent l’assainissement des fichiers de la fonction publique, la modernisation des procédures, la mobilisation des recettes publiques ainsi que la création de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Sur le plan des infrastructures, Oumar Kateb Yacine met en avant la modernisation du réseau routier et la construction d’échangeurs à Conakry, notamment à Bambéto et à Kagbelen. Il considère ces réalisations comme des éléments visibles de la transformation engagée.
Le secteur social est également évoqué. Le Projet de transformation du système de santé, lancé en juin 2026 dans le cadre de Simandou 2040, doit contribuer à améliorer l’accès aux soins et la qualité des services. Son financement annoncé s’élève à 95 millions de dollars, attribués au Groupe de la Banque mondiale et au Mécanisme de financement mondial. L’amélioration des équipements hospitaliers, de la formation médicale, de la disponibilité des médicaments et de la couverture sanitaire rurale figure parmi les priorités citées.
Dans le domaine du logement, l’entretien mentionne la réception de 280 logements sociaux à Sonfonia Lac en mai 2026. Un programme supplémentaire de 925 logements est également évoqué, ainsi qu’un projet destiné aux fonctionnaires à Kaloum, comprenant 370 logements et 96 boutiques.
Simandou au cœur de la stratégie économique
Le projet Simandou est décrit comme un ensemble associant l’exploitation minière, le chemin de fer, les infrastructures portuaires et des perspectives industrielles. Son exploitation officielle a été annoncée pour novembre 2025. Pour Oumar Kateb Yacine, son impact ne doit pas se limiter à l’extraction du minerai.
« Simandou ne doit pas être seulement une réussite minière. Il doit devenir une réussite économique et sociale pour l’ensemble du peuple guinéen », affirme-t-il.
Le programme Simandou 2040 comprend, selon l’interviewé, 122 mégaprojets et 36 réformes structurantes répartis autour de cinq piliers : l’agriculture et le commerce, l’éducation et la culture, les infrastructures et les technologies, l’économie et la finance, ainsi que la santé et le bien-être.
Cette dynamique doit, à ses yeux, favoriser la sous-traitance, la maintenance industrielle, l’énergie, les services aux entreprises, la formation professionnelle et l’entrepreneuriat guinéen.
Transformer les ressources et soutenir l’agriculture
La transformation locale de la bauxite et de l’or constitue un autre axe présenté comme stratégique. Les travaux de la raffinerie d’alumine portée par State Power Investment Corporation ont été lancés à Boffa le 26 mars 2025, avec une capacité annuelle prévue de 1,2 million de tonnes. L’interviewé affirme par ailleurs que la raffinerie d’or a commencé ses activités et que la Guinée exporte désormais de l’or raffiné sur son territoire.
« La souveraineté économique ne signifie pas simplement posséder des ressources naturelles. Elle consiste à disposer des capacités nécessaires pour les transformer, en tirer davantage de valeur et utiliser cette richesse au bénéfice du pays », soutient-il.
L’agriculture est appelée à progresser parallèlement au secteur minier. Des données présentées par le gouvernement en mars 2026 font état de 14 700 hectares aménagés et de 507 tracteurs distribués. L’accès aux équipements, aux semences, aux engrais et au crédit agricole, ainsi que le développement du stockage et de la transformation agroalimentaire, sont présentés comme des leviers de sécurité alimentaire et de création d’emplois.
Des défis persistants
Oumar Kateb Yacine identifie plusieurs défis : l’emploi, la formation technique, la gouvernance, la répartition régionale des investissements, l’environnement et la qualité des services sociaux. Il insiste notamment sur la nécessité de faire bénéficier toutes les régions des investissements et de mieux prendre en compte les populations des zones minières.
Sur le plan institutionnel, l’entretien mentionne l’adoption d’une nouvelle Constitution par référendum en septembre 2025, une élection présidentielle en décembre 2025 et l’installation de nouvelles institutions en 2026.
La diplomatie doit, elle aussi, soutenir cette transformation par la diversification des partenariats, l’attraction d’investissements productifs, les transferts de technologies et le développement des compétences nationales. La participation de Mamadi Doumbouya au Forum sur la coopération sino-africaine, à Pékin en septembre 2024, est citée comme un élément du dialogue économique avec la Chine.
Au terme de son analyse, Oumar Kateb Yacine appelle à consolider les acquis et à accélérer les projets structurants, dans un esprit de « confiance et de responsabilité collective ».
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