La République démocratique du Congo (RDC) a vivement contesté le projet de la Formule 1 d’organiser un Grand Prix au Rwanda. Le futur événement est envisagé au début des années 2030, sur un circuit qui doit encore être construit à Bugesera, près de Kigali.
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Le président rwandais Paul Kagame, le directeur général de la Formule 1 Stefano Domenicali et le président de la FIA Mohammed Ben Sulayem ont annoncé mardi le projet de cette course africaine. La série reine du sport automobile n’a plus couru sur le continent depuis 1993.
Kinshasa met en avant le contexte régional
La ministre congolaise des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, estime que le retour de la Formule 1 en Afrique peut être accueilli favorablement, mais s’oppose au choix du Rwanda comme pays hôte. Elle a jugé cette perspective « moralement indéfendable » et a affirmé qu’elle offrirait à Paul Kagame une tribune susceptible d’améliorer l’image d’un dirigeant autoritaire.
La cheffe de la diplomatie congolaise accuse également le Rwanda d’avoir contribué à alimenter une guerre dévastatrice en RDC. Kinshasa, les États-Unis et des experts des Nations unies accusent Kigali de soutenir les rebelles du M23 actifs dans l’est de la RDC. Le Rwanda rejette cette lecture et affirme que ses mesures de sécurité visent à se protéger contre des groupes armés opérant de l’autre côté de la frontière.
Dans ce contexte, Mme Kayikwamba Wagner a indiqué que la RDC soutenait les initiatives concurrentes de l’Afrique du Sud pour accueillir une course de Formule 1. Elle a aussi demandé des garanties crédibles et indépendantes afin qu’aucun financement lié à des minerais de conflit ou à l’exploitation des ressources congolaises ne soit utilisé pour organiser le Grand Prix.
La réponse de la Formule 1
La Formule 1 a défendu la contribution potentielle du projet. L’organisation affirme disposer d’une longue expérience dans la création de retombées économiques, sociales et culturelles pour les pays hôtes. Elle considère également que le sport peut favoriser le changement, jouer un rôle positif et rapprocher les publics.
Dans sa réponse, la Formule 1 a assuré que ses normes, ses valeurs et l’intégrité de la discipline devaient être respectées par les promoteurs et les partenaires de ses courses. Elle a dit attendre un impact positif du futur Grand Prix africain, sans annoncer de date précise pour sa tenue.
Des tensions déjà marquées par des sanctions
Le projet intervient alors que les relations entre Kigali et plusieurs partenaires internationaux restent tendues à propos de la situation dans l’est congolais. Les États-Unis ont imposé des sanctions à l’armée rwandaise ainsi qu’à quatre hauts responsables, en invoquant leur soutien au M23. Le Rwanda a rejeté ces mesures, les jugeant unilatérales et fondées sur une présentation inexacte du conflit.
La RDC avait déjà critiqué d’autres initiatives rwandaises destinées à renforcer l’image internationale du pays, notamment des accords de sponsoring avec de grands clubs européens de football. Le futur circuit de Bugesera n’étant pas encore construit et aucun calendrier définitif n’ayant été communiqué, le projet reste à ce stade une ambition annoncée pour le début des années 2030.
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