En déplacement à Kankan, la ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Camara Djénabou Touré, a appelé à davantage de responsabilité dans l’usage des réseaux sociaux. Elle a particulièrement insisté sur la lutte contre les injures, les attaques personnelles, l’exposition de la vie privée et la diffusion d’informations non vérifiées.
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Dans son intervention, la ministre a invité les parents à jouer un rôle plus actif dans l’éducation des enfants. Elle leur demande de transmettre les règles de respect, les bonnes manières et le sens des responsabilités, alors que l’usage des plateformes numériques s’est largement répandu dans les familles.
Les familles appelées à encadrer les enfants
Camara Djénabou Touré a dénoncé les propos visant les parents et les proches sur les réseaux sociaux, estimant que ces comportements sont incompatibles avec les valeurs sociales et culturelles guinéennes.
« Conseillons nos enfants. Tout le monde est sur les réseaux sociaux, tout le monde est sur Facebook. Les gens s’insultent, insultent les mamans et les papas. Cela ne fait pas partie de nos valeurs et de nos cultures », a-t-elle déclaré.
La ministre a également appelé à préserver le respect des aînés et à promouvoir une utilisation des réseaux sociaux compatible avec les objectifs de développement du pays. Elle a résumé son message par un appel à montrer que les Guinéens respectent les sages et souhaitent le développement de la Guinée.
Les communicants invités à vérifier leurs informations
Les communicants ont, eux aussi, été interpellés. La ministre estime qu’ils peuvent présenter les réalisations du gouvernement comme ses insuffisances, mais dans le respect des règles et sans recourir aux insultes.
« La communication, c’est faire ressortir les côtés positifs et négatifs, mais dans le respect des règles », a-t-elle expliqué. Elle a dit apprécier le travail des communicants lorsqu’il permet de mettre en évidence les avancées et les limites de l’action publique sans attaques injurieuses.
Camara Djénabou Touré a par ailleurs critiqué les publications reposant sur des informations simplement rapportées par un proche ou un ami. Elle a exhorté les utilisateurs à recueillir les faits et à les vérifier avant toute diffusion.
Elle a donné l’exemple d’un différend de 100 000 francs entre deux personnes qui pourrait se transformer en campagne d’insultes contre la mère de l’un des protagonistes, avec, en plus, la mise en ligne d’éléments relevant de sa vie privée. Pour la ministre, ce type de comportement ne relève pas de la communication.
Les autorités doivent encadrer leurs communicants
La ministre a aussi demandé aux responsables publics d’assumer la responsabilité de leurs équipes de communication. Elle a déclaré que lorsqu’un communicant tient des propos injurieux, l’autorité qui l’emploie doit prendre des mesures contre lui.
« Quand tu es ministre, si tu recrutes quelqu’un pour être ton communicant, s’il fait des injures, toi, en premier, tu dois le mettre en prison », a-t-elle affirmé, en appelant les responsables à faire comprendre que de tels agissements ne sont pas acceptables.
Selon Camara Djénabou Touré, la loi guinéenne sanctionne les injures et interdit notamment de publier la photographie d’une personne sans son consentement. Ces éléments ont été présentés par la ministre comme un rappel du cadre légal applicable aux atteintes aux droits d’autrui.
Elle a toutefois plaidé pour que la sensibilisation et l’éducation restent privilégiées. À ses yeux, engager des poursuites contre toutes les personnes impliquées dans ces pratiques risquerait de remplir les tribunaux et les prisons. Le message délivré à Kankan vise ainsi à responsabiliser simultanément les familles, les communicants et les autorités dans l’usage des réseaux sociaux.
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