Sékou Diabaté, du Super Lion à la retraite : une voix toujours portée par la musique
À 78 ans, Sékou Diabaté revient sur son parcours musical et militaire, de ses débuts à Coyah à son rôle dans la création du Super Lion de la Gendarmerie nationale.
À 78 ans, Sékou Diabaté garde une relation étroite avec la musique. Après plus de cinquante ans de parcours artistique et militaire, l’ancien membre du Super Lion de la Gendarmerie nationale se présente comme un homme marqué par les scènes, les studios et le service sous les drapeaux. Aujourd’hui retraité, il dit continuer à nourrir des projets musicaux.
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Une vocation née à Coyah
L’intérêt de Sékou Diabaté pour la musique remonte à son enfance à Coyah. Il raconte avoir découvert de nombreuses chansons grâce à un électrophone Pipo que sa mère lui avait acheté. Cette expérience aurait progressivement orienté son avenir, jusqu’à l’abandon précoce de l’école au profit de la musique.
Ses premiers apprentissages à la guitare se font auprès d’Édouard Mazarin, présenté comme son premier maître dans cet instrument. À Conakry, il travaille successivement à l’Imprimerie nationale Patrice Lumumba puis à l’imprimerie de la Confédération Nationale des Travailleurs de Guinée. En parallèle, il joue comme guitariste accompagnateur au sein de L’Atlantique Jazz.
Son parcours le conduit ensuite au Bafing Jazz de Mamou, puis à Bamako et dans plusieurs régions du Mali, avant un retour à Conakry. Ces expériences contribuent à élargir sa pratique musicale et ses contacts dans le milieu artistique.
Du recrutement au Super Lion
Selon son témoignage, sa rencontre avec la Gendarmerie nationale intervient après une prestation au Kilomètre 36 avec le Kakilambé Jazz. Des cadres de la gendarmerie l’auraient remarqué à cette occasion. Il est ensuite convoqué à Conakry, reçu par le capitaine Noumoukè et l’officier Kègbè, avant d’être présenté à l’État-Major dirigé alors par Zoumanigui Kékoura.
Sékou Diabaté se décrit comme l’un des membres fondateurs du Super Lion, l’orchestre masculin de la gendarmerie créé alors que Les Amazones existaient déjà. Les premières répétitions se déroulent avec des instruments prêtés par cet orchestre féminin.
L’intégration au groupe passe aussi par une formation à l’école de Sonfonia. D’après son récit, celle-ci dure près de deux ans, avec six mois consacrés à une instruction militaire stricte, suivis d’une formation professionnelle. Il affirme que cette étape était obligatoire pour tous les membres du nouvel orchestre.
De la guitare au chant
Initialement guitariste, Sékou Diabaté change de rôle lors du premier enregistrement du Super Lion au studio de La Voix de la Révolution, à Boulbinet. Il y interprète « Révolution », avant de remplacer le chanteur titulaire pour la suite de la session. El Hadj Mangué Soumah, alors chef de studio, lui conseille ensuite de se consacrer au chant.
Il cite notamment « Révolution », « Kiti », « Sinafakhè », « Khanuya » et « Talassa » parmi ses compositions. Il présente « Kiti » comme une histoire vraie et un cas vécu, tout en refusant d’en dévoiler les motivations ou le contenu exact. Il indique avoir consacré six mois à la composition de ce titre.
Dans son estimation, le Super Lion aurait enregistré plus d’une cinquantaine de titres dans les studios de La Voix de la Révolution, puis environ six albums, comprenant chacun une dizaine de morceaux ou davantage. Il précise qu’une partie des bandes aurait été détruite lors des événements de 1985.
Une retraite entre santé et projets
Sékou Diabaté affirme avoir servi comme commandant de brigade dans plusieurs localités avant de devenir officier supérieur de l’armée guinéenne à la retraite. Il attribue à la musique son entrée dans la gendarmerie ainsi que les relations qu’elle lui a permis de nouer.
Ses revenus actuels proviennent, selon lui, de sa pension de gendarmerie et de droits d’auteur versés par le Bureau Guinéen du Droit d’Auteur, qu’il juge très modestes. Il déclare souffrir d’un problème cardiaque, tout en estimant que sa survie tient à Dieu et au soutien des autorités culturelles.
L’ancien « lion » souhaite encore enregistrer plusieurs inspirations. Il dit toutefois avoir besoin d’un appui financier pour concrétiser ces projets. Malgré ces difficultés, il affirme vivre paisiblement entouré de sa famille et de ses amis : « Par la grâce de Dieu, le vieux lion est toujours là ! »
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