Une nouvelle structure politico-militaire a été annoncée en République démocratique du Congo. Baptisé Front pour la refondation de la nation (FRN), le mouvement est présidé par l’ancien chef de l’État Joseph Kabila et associe notamment le groupe armé M23 ainsi que des responsables de l’Alliance Fleuve Congo (AFC).
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L’annonce a été faite lundi soir depuis la résidence de Joseph Kabila à Goma, dans l’est du pays. La ville est contrôlée par le M23. Présent aux côtés de plusieurs hauts responsables du groupe armé, l’ancien président est apparu devant la presse sans prendre la parole.
Le M23 et l’AFC représentés dans la direction
Des hauts responsables du M23 et de l’AFC ont été désignés comme vice-présidents du FRN. L’AFC, décrite comme l’ancienne branche politique du groupe armé, est dissoute avec la mise en place de cette nouvelle organisation.
Dans une déclaration politique, les membres du FRN affirment vouloir « mutualiser leurs forces, ressources et moyens ». Ils disent vouloir « mettre un terme à la tyrannie par tous les moyens y compris la force », sans préciser davantage la structure juridique et opérationnelle du mouvement.
Le M23, groupe armé antigouvernemental soutenu par le Rwanda, contrôle de vastes territoires dans l’est de la RDC. Il a plusieurs fois affirmé sa volonté de renverser le président Félix Tshisekedi.
Un ancien président condamné par la justice militaire
Le retour de Joseph Kabila au centre de la scène politique intervient alors qu’il est sous le coup d’une condamnation prononcée par la justice militaire. Après la levée de son immunité parlementaire, un procès organisé en son absence s’est conclu à la fin du mois de septembre par une condamnation à la peine capitale pour trahison et crime de guerre, d’après cette juridiction.
La justice militaire l’a également présenté comme l’un des initiateurs de l’AFC. Joseph Kabila a dirigé la RDC de 2001 à 2019 avant de céder la présidence à Félix Tshisekedi, son successeur.
En mai 2025, dans une allocution diffusée en ligne, l’ancien président avait déclaré que « la dictature doit prendre fin en RDC » et qu’il entendait « jouer sa partition ». Il avait réapparu à Goma quelques jours après cette intervention, après plusieurs années passées hors du pays.
Un contexte politique et sécuritaire tendu
La création du FRN intervient dans un climat marqué par l’instabilité politique et la poursuite des violences dans l’est de la RDC, où le conflit dure depuis plus de trente ans. Au cours d’une offensive menée en janvier et février 2025, le M23 s’est emparé de Goma et de Bukavu.
Un accord conclu en décembre entre Kinshasa et Kigali, sous l’égide de Washington, n’a pas produit d’effet concret sur le terrain. Le cessez-le-feu conclu en juillet 2025 entre Kinshasa et le M23 dans le cadre d’une médiation qatarie n’est, lui non plus, pas respecté.
À Kinshasa et dans plusieurs grandes villes, des rassemblements de contestation organisés par l’opposition en juin et en septembre ont souvent été marqués par des heurts et dispersés par les forces de l’ordre. Les Nations Unies ont fait état d’au moins un mort lors du premier rassemblement. L’opposition a, de son côté, dénoncé l’assassinat d’un opposant au cours du second.
Sur le plan institutionnel, la majorité présidentielle prépare depuis plusieurs mois l’opinion à une éventuelle modification ou à un changement de Constitution. Une telle évolution pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi, âgé de 63 ans, alors que son second et dernier quinquennat doit s’achever en 2028 selon le cadre actuel.
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